Antoine LE VISTE

 

La destination du travail [de l'historien] est nécessairement liée aux lieux d'où l'on part, à ce que l'on est.
Ce qui détermine ce départ, c'est, disons-le franchement, une recherche d'identité.
Michel de Certeau, Histoire et psychanalyse, entre science et fiction, Gallimard, 1987

 

Avant d'entreprendre l'écriture de cette étude, j'avais construit en pensée un Antoine Le Viste plus attentif aux mutations de son époque "révolutionnaire" qu'il ne le fut à la lecture des documents historiques le concernant. Je l'imaginais naïvement à la proue de son temps alors qu'il hantait encore la cale des temps anciens. Ses préférences allaient, dans bien des domaines, à l'orthodoxie, aveuglé par un dogmatisme qui durant toute l'Histoire a fait résonner son glas.
La Faculté de théologie de l'Université de Paris (le nom de 'Sorbonne' qui la désigne parfois est mal approprié pour l'époque) a trouvé dans le Parlement de Paris dont il fut l'un des quatre Présidents sous François 1er un allié puissant dont la plupart des membres partageaient les positions religieuses, intellectuelles et politiques. Du conservatisme en France, la première était le cœur, le second le bras, dans une collaboration à double sens entre les deux corps. Le Parlement prit très peu de décisions favorables aux nouvelles idées intellectuelles et religieuses.

Antoine a su pourtant, de connivence avec le cartonnier, épargner à Sa Dame les épanchements doctrinaux et les larmoiements religieux. A l'instar d'autres commanditaires qui respiraient, à leur insu peut-être, un air nouveau qui gonflait leurs poumons, vivifiait leur sang et allait dessiller les yeux de leurs descendants.

 

Les Le Viste

La maison des Vistes fut ancienne en la ville de Lion. Et vindrent de Breysse, comme j'ay ouy dire a Monsr messire Claude Dodieu, evesque de Rennes, parent desd. Vistes. Et estoient appellez Vittes et non Vistes. Et toutesfoys ce n'estoit pas leur vray surnom, sed alio cognomine appellabantur, comme me disoit mondit seigneur de Rennes. Sed de hoc alio cognomine non recordor. Et prindrent ce surnom Vitte d'ung de celle maison qui estoyt grandement diligent et prompt a fere tout ce qu'il avoyt a fere, fust-ce a cheminer ou a autre fere. Vitto autem, au langaige de Breysse et de Lionnois, c'estoit a dire diligent, prompt et qui tost expedioyt une chose ; et estoyt celluy appelé lo Vitto, unde familie agnomen. La précision est de Claude Bellièvre dans ses Notes historiques sur la ville de Lyon où il résida.

Dans son importante " étude sur les origines de la classe de robe ", René Fédou (Les Hommes de loi lyonnais à la fin du Moyen Âge, Les Belles Lettres, 1964, que reprend Guy de Valous, Le Patriarcat lyonnais aux 13ème et 14ème siècles, Picard, 1973 et que précise Geneviève Souchal) traite longuement de la famille Le Viste.

Le premier Le Viste connu, Juhanet Lo Vito, de Vymes, artisan ou petit commerçant d'origine populaire, est inscrit en 1306 comme membre de la Confrérie de la Trinité. Un testament de 1309 nomme ainsi le cordier Hugo Li Vistos, corderius, civis lugduneusis. Bartholomei Lo Vito, l'arrière-arrière-arrière grand-père d'Antoine, mort vers 1340, drapier et consul à Lyon en 1340, fut le grand artisan de la fortune des Le Viste, entre 1320 et 1340. De ses quatre enfants, Jean 1er, mort en 1383, fut le premier Le Viste docteur en lois, membre de la basoche. Fondateur de la dynastie, sa richesse correspondait en 1388 au quart du total des fortunes de tous les gens de loi lyonnais. L'ascension de cette famille bourgeoise vers la noblesse de robe commençait.
René Fédou liste les " facteurs qui conditionnent ou favorisent l'élévation d'une dynastie. " Pour les Le Viste, il y a d'abord " volonté, individuelle ou familiale, d'ascension " liée à la " forte personnalité " de Jean 1er : " caractère " affirmé, " intelligence ", " orgueil familial ". Puis intervient " l'intérêt pour l'exercice des fonctions locales ", tremplin obligé pour accéder aux principaux offices royaux. La richesse acquise dans le négoce de draps et/ou la justice permet, par le biais d'un mariage de devenir " seigneur ", d'acquérir la noblesse et d'effacer ainsi toute trace infamante de roture originelle.

Désormais, chaque branche de cet arbre généalogique allait tenter de s'agripper à une branche déjà noble.

En 1434, en épousant Béatrix de la Bussière, nièce de Lancelot de Semur (mort en 1434), Antoine, fils aîné de Jean II, devient seigneur d'Arcy et de Saint-Christophe en Brionnais, titre dont héritera son fils Jean IV, de1457 jusqu'à sa mort en 1500.

Ce n'est pas notre Antoine Le Viste qui eut à supporter un procès contre les Consuls de Lyon qui lui contestaient sa noblesse, mais cet Antoine 1er, mort en 1457. Jean III (grand-père de notre Antoine) était le frère d'Antoine 1er. Notre Antoine, fils d'Aubert, était donc le petit-neveu d'Antoine 1er, l'oncle de son père Aubert.
Voici le texte de son mémoire adressé aux Consuls où il répond par sa généalogie qui résume l'origine de la noblesse de sa famille :

" Il est vray, dit-il, que feu messire Jehan Leviste et Estiennette de Seins, sa femme, père et mère de feu Jehan Leviste, derrier trespassé, estoient nobles et de noble lignée extraiz, tenuz et reputez notoirement de touz ceux qui les cognoissoient. - Item de messire Jehan Leviste et dame Jehane de Seins, yssit feu messine Jehan Leviste, père dudit Anthoine. - Item estoit ledit messire Jehan, père d'icelui Antoine, chevalier en armes et en lois et pour le bien souffisance et grant prudence de sa personne, eut plusieurs grans et notables estats tant en ce Royaume que ailleurs, et entre les autres fut général par troys diverses fois pour le Roi, notre Sire, au pays de Languedoc, et depuis, fut ledit messire Jehan Leviste, potestat en la cité d'Ast, en Piémont, pour feu monseigneur le duc d'Orléans, dernier trespassé, et après fut ledit Jean Leviste, chancelier de monseigneur le duc Loys de Bourbon, et conséquemment du conseil du Roi - Item au regard de Estiennette, elle est extraicte de nobles parens, c'est assavoir de ceulx de Seins ( ?) en Masconnais; et est semblablement la femme dudit messire Jean, dame Sibille de Beaulieu, desquelx sont yssus ledit Anthoine, maistre Jean et Morelet, leurs enfans, lesqueulx enfans ont vescu noblement; a esté ledit Morelet au service du Roi, monté et babillé souffisament, et s'est trouvé en plusieurs rencontres et journées, en espécial à la bataille du Dauphiné contre le prince d'Orenge, et tiennent lesdits trois enfans plusieurs chasteaulx, fiefs et seigneuries ; - ledit Antoine, seigneur des chasteaulx, terres et seigneuries d'Arcy, de Saint-Christofle, - ledit messire Jean, seigneur des chasteaulx de Porcellay et la Garde en Beaujeulais, et Pierre dit Morelet Leviste, est seigneur des terres et seigneuries de Saint-Bonnet et de Bussières. "

Robert Descimon écrit dans son étude Elites parisiennes entre 15ème et 17ème siècles, (Bibliothèque de l'Ecole des chartes, t.155, 1997, pp.607-644) :
" Le style de vie noble est ce qui exclut, au moins symboliquement, l'appartenance bourgeoise que nient les Le Viste, ce qui supposait une rupture avec l'administration du corps de ville (rupture toute récente, qui ne remontait guère qu'aux années 1440). La mobilité sociale se jouait ainsi des cadres qui prétendaient fixer chacun dans la nature de ses origines familiales. Nul néanmoins n'était habilité à changer son statut par lui-même, l'origine, assimilée à la nature, étant par définition indisponible : il y fallait le recours au procédé de la fiction juridique, dont le prince était toujours le maître, explicitement ou taisiblement.
L'histoire exemplaire des Le Viste témoigne de conflits qui ne pouvaient se produire à Paris, ville que le roi avait dotée de privilèges exceptionnels : depuis 1449, la capitale était exempte de taille et les 'dons gratuits' qui la frappaient concernaient, au moins suivant la théorie, tous les habitants… "

L'un des fils de Jean II, Jean III, licencié en lois, fut juge des ressorts et lieutenant du sénéchal d'Auvergne. C'est le grand-père d'Antoine. Le premier de ses trois fils, Aubert, devint " seigneur " en épousant en 1471, Jeanne Baillet, dame de Fresne, issue d'une famille de robe. Ils eurent trois enfants, Antoine, Jeanne et Radegonde. Aubert, clerc, seigneur de Velly, fut l'un des exécutants de la politique de Louis XI qui l'employa contre Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, son cousin qu'il fit décapiter en 1477. Il devint grand rapporteur et correcteur de la Chancellerie après le Président Thibault Baillet, son beau-père, en 1484. Il est reçu le 17 février 1492 au Parlement de Charles VIII par résignation de feu Etienne de Bailly, son gendre, à condition de ne pas cumuler et de ne résigner qu'à un homme d'église ou à un clerc non marié. Le 7 juin 1492, désirant marier sa fille à Jean II Briçonnet, son second gendre, il lui résigne son office en faveur du mariage. Le Parlement proteste, mais le roi confirme : il déclare que par ce moyen, la fille de Le Viste peut mieulx trouver son bien et estre plus fort colloquée en mariage.
Le fils de Jean 1er, Jean II, l'arrière-grand-père d'Antoine donc, mort en 1428, fut docteur en lois, chancelier du duc de Bourbon, puis conseiller du roi Charles VI dit le Fou. Il se qualifiait lui-même de chevalier en armes et en loys et était fier que sa femme, Sibylle de Bullieu, fût de bonne et ancienne maison du Forez.
Son frère Barthélémy, mort en 1442, avocat, puis conseiller au Parlement de Paris, fut le premier Le Viste à venir s'installer à Paris. On rencontre son nom dans l'Histoire de la ville de Paris de Michel Félibien. Il a pu connaître Jeanne d'Arc entrée à Saint-Denis le 26 août 1429 et blessée le 8 septembre lors d'un assaut près de la porte Saint-Honoré ; les Anglais assiégeaient Paris depuis le 12 octobre 1428.

L'orientation perspicace vers le droit et les offices commença avec Jean 1er, devenu " docteur en lois ". Ensuite, chacune des branches allait aider à tisser la toile administrative monarchique. La carrière de notre Antoine allait marquer l'apogée de cette dynastie qui rejoindra celle des Robertet par le mariage de sa fille Jeanne avec Jean IV Robertet, neveu du grand Florimond. René Fédou résume ainsi la saga levistienne : " aucune autre famille ne monta aussi haut, aucune ne fournit à la royauté une telle pléiade de grands fonctionnaires ".
Aux 14ème et 15ème siècles à Lyon, les Le Viste adhérèrent sans réserve au parti du roi et se montrèrent parmi les fidèles les plus extrémistes, se soumettant à toutes les volontés royales. Soutiens résolus du pouvoir monarchique, ils surent s'attirer les bonnes grâces des divers souverains. Ainsi Jean II, l'arrière grand-père d'Antoine, demeurera jusqu'à sa mort en 1428, le chef des ultra-royalistes lyonnais.
" Ainsi, écrit René Fédou, au milieu du 15ème siècle, par l'évolution de leur mentalité, de leur attitude politique, comme de leur fortune, les Le Viste se détournaient à la fois de la ville et de la bourgeoisie. Pour entrer définitivement dans la classe nobiliaire, ils avaient encore une étape à franchir : l'accès à de hautes charges, non plus au service d'un prince, mais cette fois auprès de la royauté, à l'heure où celle-ci recommençait à s'identifier avec l'Etat. " Dans l'ascension vers la noblesse, les Le Viste " jouent sur tous les tableaux : exemption fiscale, chevalerie ès lois, généalogie truquée, mariage nobles, achats de fiefs, charges de conseillers ou de présidents de cours souveraines. Leur exemple même soulève un problème intéressant : à quel moment précis furent-ils de vrays nobles ? La question reçoit des réponses différentes selon les branches de la famille. "

Les offices royaux conféraient deux sortes de noblesse :
- la noblesse du premier degré, immédiate et héréditaire.
- la noblesse du second degré ou graduelle, personnelle car elle ne se transmettait aux descendants légitimes qu'après vingt ans de charge.
Accédaient à la première le chancelier de France, les 4 secrétaires d'Etat, les 120 notaires et secrétaires du roi, les maîtres des requêtes de l'hôtel du roi, les chefs d'office de la maison du roi, les présidents des cours souveraines, les gouverneurs, commandants et lieutenants du roi dans les provinces. Maître des requêtes depuis 1508, Antoine appartenait à cette noblesse de robe, le " quatriesme estat ", qui aspirait à diriger l'Etat.

En 1515, Antoine, seul mâle Le Viste, à moins que n'appartiennent à un rameau de son arbre généalogique des cousins nés de ses oncles, frères de son père Aubert (signalés par un document fiscal de 1468 où sont taxés " maistre Aubert le Viste et ses frères " que Geneviève Souchal pense être deux). Ainsi ce Jean Le Viste, riche notaire de Messimy en Dombes à la fin du 14ème siècle qui fut seigneur de Briandes et châtelain de Trévoux. En 1759, cette seigneurie devint comté de Montbriant et le comte Louis Le Viste fut nommé grand-sénéchal de Dombes par le roi Louis XV en 1762 quand la Souveraineté de Dombes fut réunie à la couronne.


Ainsi, après des études sur " l'humble et invisible oligarchie de Philippe Auguste " (roi de 1180 à 1223) et celles d'autres temps et lieux en France, puis sur les familles Briçonnet, Bohier, Le Gendre auxquelles s'uniront les Le Viste, Michael Harsgor peut conclure ainsi son ouvrage Un très petit nombre, Des oligarchies dans l'histoire de l'Occident, Fayard, 1994 : " Il n'en est pas moins vrai que le royaume de France au tournant des 15ème et 16ème siècles, dont la hiérarchie sociale officielle est si claire et si connue, a été aussi gouvernée par des gens qui, non moins clairement, n'étaient insérés nulle part dans cette hiérarchie. Et pourtant, comme on vient de le voir, ils ont existé. Comme ont existé les petits hommes puissants dans l'ombre de Philippe Auguste que même les chroniqueurs contemporains n'ont clairement discernés. Les oligarchies sont les trous noirs de l'historiographie qui n'a plus rien à envier à l'astronomie. "

 

Antoine Le Viste

Recueil de blasons gravés, donné par Jean-Pierre de Montchal à Pierre d'Hozier, en 1651. BnF. (gallica.bnf.fr)

http://www.heraldique-blasons-armoiries.com/armoriaux/familles_diverses/blasons_viste.html

J'imagine Antoine, dont je n'ai retrouvé aucun portrait officiel, né à Paris en 1470, l'année qui vit imprimer le premier livre parisien, Elegantiarum latinae linguae libri (Les Lettres latines) de Gasparin de Bergame (1360-1431), par trois ouvriers typographes venus d'Allemagne, Ulrich Gering de Constance, Martin Crantz ou Kreutz de Stein ou de Bade, et Michel Friburger de Colmar, appelés à Paris par Jean Heynlin, prieur, et Guillaume Fichet, bibliothécaire de la Sorbonne, pour y installer le première presse d'imprimerie. Ce même atelier imprima à la fin de l'année 1470 un autre texte de Gasparin de Bergame, De Orthographia.

1470, c'est aussi l'année où, en Février, l'art de la soie est introduit à Tours. Le 30 Juin naît le futur Charles VIII.

Antoine est né avec la " révolution " gutenbergienne ; à vingt-deux ans, il vivra la " découverte " colombienne ; à quarante-cinq, " l'explosion " Mary-Tudorienne.

Examinons ensemble l'enluminure suivante : Antoine Macault lisant sa traduction des trois premiers livres de l'Histoire universelle de Diodore de Sicile (historiographe grec du 1er siècle avant notre ère). La scène se passe durant le Carême de l'année 1534.
François 1er au centre de la composition est entouré de ses trois fils (le Dauphin François ; Henri, duc d'Orléans et de Bretagne ; Charles, duc d'Angoulême) ; d'Anne de Montmorency, Claude d'Urfé, l'amiral Chabot de Brion et Mellin Saint-Gelais à notre gauche ; du cardinal - chancelier Duprat, Guillaume Budé et Florimond Robertet à notre droite.

Attribué à Noël Bellemare ou à Jean Clouet
François 1er (entouré de ses fils et de grands personnages de sa cour)
écoutant Antoine Macault lire sa traduction in Diodore de Sicile,
Histoire universelle, les trois premiers livres
Musée Condé - Chantilly - ms. 721, fol. 1v

http://blog.pecia.fr/post/2014/06/24/%C2%AB-
Les-troys-premiers-livres-de-Diodore-Sicilien-%C2%BB,-manuscrit-de-Fran%C3%A7ois-1er,
-dans-les-collections-du-marquis-d-Ass%C3%A9rac

François Ier écoutant Antoine Macault
lire sa traduction de l'histoire de Diodore de Sicile,
1535. BnF, Estampes et Photographie.


Antoine Le Viste est-il l'un des deux personnages encore non identifiés qui conversent à notre droite derrière François 1er et le chancelier Duprat ?


Je subodore que l'homme à l'extrême droite de l'image est Antoine Le Viste : il était présent à Paris à l'époque de la lecture et pouvait avoir été invité à l'événement vu l'importance de sa charge ; le tissu noir accroché au massacre de cerf au-dessus de sa tête pourrait vouloir signaler sa mort arrivée dans les mois qui ont suivi, le dessin ayant été achevé après la lecture.

Cécile Scailliérez, dans son étude Un Portrait méconnu de François 1er peint par Jean Clouet : Le frontispice des Histoires de Diodore de Sicile au musée Condé de Chantilly (La Revue du Louvre et des Musées de France, n°4 de 1996), attribue (après Paul Durrieu en 1889) certains visages (ceux de François 1er, Antoine Duprat, Anne de Montmorency, Claude d'Urfé) de cette enluminure à Jean Clouet pour la " remarquable individualisation " et la " délicatesse de modelé qui trahissent l'intervention d'un portraitiste éminent, pour qui la définition de la physionomie va de pair avec la suggestion d'une expression. " Elle envisage la collaboration d'un autre artiste miniaturiste, encore inconnu, appartenant à l'atelier du maître qui a réalisé les " autres têtes mais aussi, sans doute, les mains, au modelé nerveux et articulé, les costumes et tous les détails de la mise en scène " : la description de l'architecture intérieure, le chien… Pierre-Gilles Girault (François 1er, images d'un roi, de l'histoire à la légende, Château de Blois et Somogy-éditions d'art, 2006) donne l'ensemble de l'enluminure à Noël Bellemare.

Ce portrait d'Antoine Le Viste (s'il est cet homme) pourrait être encore l'œuvre du Maître des Epîtres Getty que Myra Dickman Orth nomme Jan de Beer et que Guy-Michel Leproux propose d'identifier avec Noël Bellemare.

Cécile Scailliérez ne voit pas pour l'heure "d'argument contre" mon hypothèse d'identification.

Le cerf possède au Moyen Age une forte connotation funéraire, que confirme l'usage occasionnel du linceul en peau de cerf, attesté par de nombreuses sources. Ce linceul détient-il une vertu magique liée à une forme de métempsychose ? […] la transformation en biche ou en cerf est une variante du mythème funéraire. Il serait exagéré de parler d'héroïsation, mais le cerf est un animal trop noble… le cerf lui-même est un symbole du Christ… "

"Il semble certain que l'animal faé – particulièrement le cerf, la biche ou le faon rencontré en forêt – était intimement lié au registre des apparitions funèbres, avant d'évoluer en simple poncif féerique. dans certains romans, il sert également de signe annonçant le passage d'un monde à l'autre."

Laurent Guyénot, La mort féerique. Anthropologie du merveilleux. XIIe-XVe siècle, Gallimard, 2011, pp. 285-286 et p. 291.
Ainsi, après la mort du pape Clément VI (1291-1352, 4e pape d'Avignon), sa dépouille, entourée d'un linceul en peau de cerf, fut déposée sur un châssis de fer à l'intérieur du sépulcre, en l'abbatiale de la Chaise-Dieu, en avril 1353.

 

Antoine mourra la même année, presque le même mois que le pape Clément VII, mort le 20 septembre 1534 et à qui succède, le 13 octobre, Paul III, qui avait deux fils. L'année où François 1er, le " père des lettres ", interdira l'exercice de l'imprimerie, défendant que l'on publie des livres dans son royaume après l'affichage des placards à Amboise, Paris et autres villes, articles sur les horribles abus de la messe papale. Le graveur de caractères, Antoine Augereau, monte au bûcher avec des comparses. Quam ultimo ignis supplicio iure punienda.

Ironie de l'Histoire : la petite-fille d'Anthoine, la fille de Jeanne, Marie Robertet, se déclara dans les années 1560 (elle mourra en 1617) ouvertement pour les Huguenots et ses biens seront confisqués. Son beau-père, André 1er Guillart et son fils, Charles, évêque de Chartres, seront suspectés de réformisme ; c'est dans son évêché que sera " détenu " mais en réalité libre de tous ses mouvements, Clément Marot, en 1526. Le pape l'excommuniera. Peu après la Saint-Barthélémy, il dut quitter Chartres sous les jets de pierres de ses " fidèles ". Il n'y revint jamais, mourant l'année suivante.
De même, le marquis d'Arcy, Philippe de Guillart, fils de Marie Robertet et petit-fils d'Anthoine, était protestant et fut accusé de sédition auprès de Richelieu par Claude Regnauldin, sieur de Béru, procureur général, qui reçut après confiscation une partie des biens spoliés. Le marquis dut s'enfuir, fut condamné à mort par contumace et ne put rentrer en France qu'après la mort de Richelieu.

 

La Guerre de Cent Ans et les épidémies successives de peste avaient décimé la moitié de la population du royaume de France en un siècle. Les survivants, moins nombreux, ont pu se partager en meilleure part des récoltes effectuées sur les terres les plus fertiles aux rendements satisfaisants. Antoine Le Viste profita des 'bienfaits des années 1470-1520, période pendant laquelle il n'y eut pas de grande famine, rendant la vie plus agréable pour certains. Une meilleure nourriture leur permit de résister aux maladies.

Il n'a pas connu son grand-père paternel, Jean III Le Viste, mort en 1454. Son père, Aubert Le Viste, est mort le 22 juillet 1493 ; sa mère, Jeanne Le Viste, née Baillet, dame de Fresne, veuve durant 17 ans, est morte en 1510. Deux oncles, frères d'Aubert ; deux sœurs, Jeanne (épouse d'Etienne de Bailly, mort en 1492, puis de Jean Briçonnet) et Radegonde (épouse de Jacques Dodieu).

Rien sur son enfance, son adolescence. Quelle rue à Paris, quelle maison où naître ? Quelles écoles, quels collèges fréquentés ? Un précepteur à domicile ou la rude école de la paroisse avec les enfants du quartier où ânonner un latin de bas étage ? L'université d'Orléans ou de Poitiers, à quinze ans passés pour l'étude du droit et la pratique du jeu de paume ? A moins que papa n'ait choisi celle de Bologne ou de Padoue dont les diplômes de droit civil avaient très grande réputation, le prestige des juristes italiens étant à cette époque à son summum ?

 

Le collège des notaires et secrétaires du roi où se débitaient en grand nombre les lettres de la Chancellerie ? A-t-il suivi, lors de son apprentissage, le roi et sa cour dans leurs déplacements, y gagnant les bonnes grâces royales ?

Antoine Le Viste était-il un homme - Protée ? " La science juridique, écrit Albericus de Rosate au 14ème siècle, est digne d'éloges, parce qu'elle est plus universelle que les autres sciences, car les autres branches du savoir traitent d'une chose particulière, mais celle-là a affaire à presque toutes les sciences et en particulier aux sciences libérales " comme la grammaire, la dialectique, la logique, la rhétorique, les mathématiques, l'arithmétique, la géométrie, la musique, l'astrologie, la philosophie orale, la médecine et la littérature. L'étude du droit pouvait mener aussi aux beaux-arts comme l'illustre un artiste comme Alberti.

Première mention de ses nom et prénom : en 1493, année où il devient rapporteur et correcteur de la Chancellerie, succédant à son père. On peut penser qu'il a environ 22-23 ans, mais rien n'indique qu'il soit né en 1470-71. Vingt-trois ans est un âge possible pour une telle charge héréditaire.
Il signe en queue les petites lettres de justice, prenant vis-à-vis du chancelier ou du garde du sceau la responsabilité de leur commandement. La vraie charge du père et du fils fut peut-être correcteur et rapporteur ordinaire ou grand rapporteur ou encore conseiller grand rapporteur et correcteur des lettres de la Chancellerie de France qui exerçait une surveillance sur l'établissement des lettres et la régularité des expéditions. Dans ce cas, les avantages matériels que comporte cette charge les placent dans une situation nettement supérieure aux autres rapporteurs ou référendaires et en font de grands personnages. Seul, parmi tous les rapporteurs, le grand rapporteur assiste à la tenue du grand sceau, où le chancelier juge les lettres. Seul aussi, il émarge au budget de la Chancellerie pour des sommes importantes. Sa tâche consiste à relire les lettres dressées et signées par les secrétaires, facilitant ainsi le travail du chancelier en lui signalant, avant le sceau, les cas douteux et litigieux.

Ensuite, il faudra attendre 1499 pour savoir qu'il est à Arras avec le Chancelier chargé de recevoir l'hommage prêté par Philippe le Beau à Louis XII. En 1500, à trente ans, il entre au Conseil de la ville de Paris (avec Charles Guillart) :

Organisation municipale de Paris

1

Bureau de ville

Prévôt des marchands (élu pour 2 ans)
+ 4 échevins (élus pour 2 ans)

2

+

24 Conseillers de ville
choisis par le Prévôt et les échevins
(membres du Parlement et autres Cours souveraines)

3

16 Quarteniers
(1 par quartier)

(chefs militaires des bourgeois de leurs quartiers :
ordre de police + exécutif des décisions)

+ Cinquanteniers

+ Dizainiers

Assemblée plénière (1 + 2 + 3) si nécessaire

 

En 1502, après le décès de son oncle Jean IV, Président de la Cour des Aides, mort en juin 1500 ne laissant que trois filles, Claude, Jeanne et Geneviève, mais aucun fils, il revendique le tènement de Bellecour et la grande maison des Le Viste, rue Saint-Jean à Lyon, en application d'anciennes dispositions testamentaires et en tant que descendant mâle d'une branche cadette portant le nom et les armes de la famille.

En 1513, Antoine devient Maître des Requêtes, charge de plus en plus prestigieuse, tâche exigeante et importante : item, n'est acoustumé de retenir aucun office de Me de requestes, sinon qu'il soit home stable licencié en loix. Chargé avec ses confrères juristes d'examiner les requêtes adressées au roi sollicitant des faveurs diverses : dons, remises d'amendes, affranchissements, émancipations, anoblissements, demandes de concessions de foires et marchés, de rétablissement de libertés urbaines…, il peut se trouver investi de missions temporaires, financières, judiciaires, militaires ou, à l'étranger, diplomatiques. C'est dire la confiance que lui accorde la monarchie. Il a pu à la Petite Chancellerie de Paris tenir le sceau. Il en existe 8 à la fin du 15ème siècle et ce nombre augmente rapidement au 16ème siècle. Un édit de 1463 leur permet de présider le Grand Conseil, les cours des bailliages et des sénéchaussées, d'assister aux séances du Parlement où la hiérarchie les place juste derrière les Présidents. En province, au cours d'une chevauchée, à son arrivée dans une ville, le garde du sceau de la juridiction locale doit s'effacer devant lui et lui remettre le sceau. En 1500, la France était le plus vaste royaume d'Europe : vingt-deux journées de chevauchée du nord au sud et dix-neuf d'est en ouest.

Il fait dépêcher, sous sa propre responsabilité, les lettres les moins importantes, et en tant qu'assesseur du Chancelier, sa présence assidue au Conseil du roi, où il est parfois chargé de rapporter les affaires qui lui ont été confiées, fait de lui un intermédiaire désigné par les autorités qui prennent les décisions (conseils, chancelier, souverain) et les officiers chargés de rédiger les actes traduisant ces décisions. Il annote de sa main les requêtes examinées au Conseil remises ensuite aux secrétaires qui en assurent l'expédition, il appose sa signature sur les actes, soit en signe de contrôle, soit pour fournir, si besoin, des explications au Chancelier. Il se trouve aussi avec quelques confrères au moment du sceau quand le Chancelier " juge " les lettres.

 

Guillaume Budé décrit ses nouvelles et hautes fonctions comme Maître des Requêtes en août 1522 :

" Le collège comprend huit membres [Pierre Dauvet, Adam Fumée, Pierre de la Vernade, Antoine Le Viste, Jean Salat, Jean Hurault, Antoine d'Estaing et Guillaume Budé] dont les attributions et les charges sont très étendues ; car cette magistrature, à laquelle m'a appelé le choix du prince, tient le premier rang parmi les plus élevées, conférant le droit de siéger à la place d'honneur, immédiatement à côté du Président - à moins qu'il n'y ait là des princes ou des prélats - au Grand Conseil du Roi d'abord, au Parlement, puis dans toutes les cours supérieures qui jugent en dernier ressort. Ses arrêts l'emportent même sur ceux des autres juridictions. Ce haut conseil porte le nom de "Chambre suivant le Roi'. C'est une sorte de cohorte de jurisconsultes qui fait en quelque sorte partie du palais et de la maison du prince.

A sa tête se trouve le Chancelier, garde des Sceaux. Toutefois le rôle le plus ancien et le plus important de cet octovirat consiste à se tenir à la disposition du Prince quand il sort de ses appartements pour examiner les suppliques. A cet office, à tour de rôle, deux, et souvent un seul pourvoit. Par ailleurs nous tenons nos séances dans cette officine de justice et de bienveillance, si j'ose dire, qui porte le nom de Chancellerie ; une salle y est réservée à l'examen des rescrits du Prince répondant aux prières de ceux qui (...) risquent la peine de mort. Et nous faisons généralement grâce au nom du roi quand ils réclament la remise de leur peine, pour peu qu'ils semblent dignes d'indulgence et de miséricorde. Cette grâce royale, nous pouvons l'accorder, que nous soyons deux, ou que nous soyons seuls (...). C'est un devoir dont nous nous acquittons tous les jours à Paris ou à la cour dans les locaux de la Chancellerie. "

 

Le 5 juillet 1510, sa mère meurt et le 20 juillet a lieu le partage de l'héritage parental entre lui et les six enfants mineurs de ses deux sœurs mortes. Antoine Le Viste a quarante ans, son avenir s'annonce brillant. Est-il marié ? Son petit-fils Florimond II Robertet naît en 1528. Si sa fille Jeanne a environ vingt ans, il pouvait être marié en 1510 avec Jacqueline Raguier, la fille du conseiller du roi et trésorier des guerres, Antoine Raguier, seigneur de Thionville et d'Esternay, marié le 3 août 1441 avec Jacquette Budé. Cet Antoine Raguier est le frère de Louis Raguier, évêque de Troyes, fils de Gillette de la Fontaine et de Hémon Raguier, trésorier de la reine Isabeau de Bavière. Il est l'oncle de l'humaniste Guillaume Budé qu'Antoine côtoiera au Parlement.

 

Sceau de Jeanne Le Viste

 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1984_num_142_4_6427

 

Jacqueline Raguier mourra le 8 mai 1520, lui laissant à " charge " une fille de dix ans environ. Puissante famille que celle des Raguier. Louis Raguier, évêque de Troyes de 1450 à 1483, nommé par Louis XI à la présidence de la Cour des Aides en 1465, officiant parfois comme chanoine à Notre-Dame de Paris, mécène et amateur de beaux livres. Jacques Raguier, son neveu, son successeur comme évêque de 1483 à 1518, cousin d'Etienne et de Louis Budé, chanoines de la cathédrale de Troyes, frères de Guillaume Budé.

 

Jenny Huybrechts-Wahl, Le carrelage céramique de l'abbaye de Vauclair
relève quelques emblèmes héraldiques attribués et datés dans la collection des carreaux du musée de Troyes :
dont ce carreau du XVe siècle portant les armes de la famille Raguier

" d'argent au sautoir de sable cantonné de quatre perdrix au naturel "

http://home.scarlet.be/vauclair/PAVEMENT4.htm
http://home.scarlet.be/vauclair/PAVEMENTS/CXCVIII.jpg
racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Raguier.pdf


Etaient-ils tous parents avec ce Jean et ce Jacques Raguier dont parle François Villon (gravure sur bois de 1497, BnF) ...

dans son Lais :

Item, je laisse à ce jeune homme,
Régnier de Montigny, trois chiens ;
Aussi à Jean Raguier la somme.
De cent francs, prins sur tous mes biens,
Mais quoi ! Je n'y comprends en riens
Ce que je pourray acquérir :
On ne doit trop prendre des siens,
Ne ses amis trop surquérir.

Et à maître Jacques Raguier
Laisse l'Abreuvouer Popin,
Pêches, poires, sucre, figuier,
Toujours le choix d'un bon lopin,
Le trou de la Pomme de Pin,
Clos et couvert, au feu la plante,
Emmailloté en jacoppin ;
Et qui voudra planter, si plante.

et dans son Testament ?

Item, je donne à maître Jacques
Raguier le Grand Godet de Grève,
Pourvu qu'il paiera quatre plaques
(Dût il vendre, quoi qu'il lui grève
Ce dont on cueuvre mol et grève,
Aller sans chausse, en eschapin),
Se sans moi boît, assied ne lève,
Au trou de la Pomme de Pin.

Item, à Jean Raguier je donne,
Qui est sergent, voire des Douze,
Tant qu'il vivra, ainsi l'ordonne,
Tous les jours une tallemouse,
Pour bouter et fourrer sa mouse,
Prinse à la table de Bailly ;
A Maubué sa gorge arrouse,
Car au manger n'a pas failli.

 

Jacques Raguier, sans doute compagnon de beuverie de maître François. En 1417, il est gruyer des forêts d'Eruye et de Fresnes ; en 1423, maître queux ou gentilhomme de cuisine ; en 1447, premier maître queux du roi Charles VII ; en 1452, maître queux de bouche. Un bel entonnoir !
Jean Raguier fut l'un des douze sergents de la garde personnelle du Prévôt de Paris. Un drôle d'apôtre !

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En 1515, à l'avènement de François 1er, il est confirmé dans ses fonctions de maistre des requestes ordinaires de l'ostel.
En Juillet-Août, Le Journal de Barillon le signale avec les armées françaises de François 1er : Lyon, Grenoble, passage des Alpes le 15 Août par le col de Larche, la grosse artillerie empruntant le col du Mont Genèvre ; puis l'Italie : Novare le 30 Août, Milan le 30 Septembre, Marignan les 13 et 14 Septembre et Milan le 16 Octobre.

A plusieurs reprises, François 1er investit des magistrats des fonctions ardues d'ambassadeur auprès des souverains étrangers. Confiance du roi envers ses magistrats désignés dont il avait jugé la science et les qualités personnelles remarquables. Confiance aussi envers le Parlement dont les services lui sont nécessaires, même si les frictions entre les deux partis furent nombreuses.

D'octobre 1515 à Mai 1516, Antoine Le Viste appartient à l'ambassade que François 1er délègue en Suisse. Le 7 décembre, le Traité de Genève, traité de paix et d'alliance entre la France et les Cantons suisses, est signé, confirmé le 29 novembre 1916 par La Paix Perpétuelle de Fribourg qui permet à la France de lever régulièrement des mercenaires dans les Cantons et qui dure encore aujourd'hui. " La réussite la plus spectaculaire " dans " une politique d'alliances stables " souligne Philippe Hamon pages 52-53 de son livre L'Argent du roi, les finances sous François 1er (Comité pour l'histoire économique et financière, ministère de l'économie, 1994). " Pourtant en 1515, les Cantons suisses sont au premier rang des adversaires de la France. Mais l'exploitation diplomatique exemplaire qui suit la campagne de Marignan permet de liquider l'essentiel du contentieux… Après une année de tractations délicates, un traité définitif avec les treize Cantons est signé à Fribourg le 29 novembre 1516. Il coûte au Trésor royal la coquette somme d'un million d'écus : 300 000 pour indemniser les Suisses de leur campagne de 1515, autant pour la restitution de places qu'ils tiennent en Valteline et 400 000 pour les frais de l'expédition bourguignonne de 1513 qui avait abouti au siège de Dijon. "

Un rapport complet de la mission d'Antoine Le Viste auprès des Suisses dans Edouard Rott, Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses, de leurs alliés et de leurs confédérés, t.1 (1430-1559), Berne-Paris, 1900, p. 212-219.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55541806

Antoine, Chevalier, dont la terre de Fresnes a été érigée en châtellenie en mai 1517, est élu le 16 août 1520 Prévôt des marchands
(c'est-à-dire Maire de Paris). Avec le gouverneur, le Parlement et le Bureau de ville, il assure le maintien de l'ordre à Paris. Au 16ème siècle, le prévôt des marchands dirige le Bureau de ville avec quatre échevins cooptés pour deux ans. 24 conseillers et 16 quarteniers, un par quartier de Paris, les assistent pour délibérer et agir : organiser la milice locale, la garde de nuit… Cette charge lui donne l'honneur de porter dans les grandes cérémonies la robe mi-partie de velours rouge et tanné et le manteau de menu-vair enfilé par la tête dont l'ouverture était recouverte par une épitoge de fourrure d'hermine blanche. Cette même année, il est créancier du roi pour mille livres tournoi. Il a cinquante ans.

 

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Assemblée de la Prévôté des marchands de Paris - gravure sur bois
Messeigneurs prévôts des marchans et échevins de la ville de Paris
in A. Vérard, Ordonnances royaulx de la jurisdicion de la Prevosté des marchans et eschevinage de la ville de Paris, 1500/1501, BHVP, Rés. 110090

http://www.gutenberg.org/dirs/1/0/9/4/10940/10940-h/images/fig315.png (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le personnel municipal parisien
Au sommet : le prévôt des marchands et les échevins sur fond des armoiries de Paris
Au second niveau : les officiers moyens : greffier, receveur, procureur et clerc
En bas : les agents subalternes : les quatre sergents de la marchandise et les six sergents du " parlouer aux bourgoys ".

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Le 23 décembre 1523, il est reçu quatrième Président à mortier du Parlement de Paris, siège vacant après le décès de Roger Barme. Cette ascension est annoncée comme suit : " la promotion de nostre amé et feal conseiller, maistre Antoine Le Viste, à l'office de quart président en nostred court ".

http://fr.wikipedia.org/wiki/Parlement_de_Paris

Le Président à mortier du Parlement de Paris serait, de nos jours, l'équivalent du Président de Chambre dans les cours d'appel, avec en plus, le prestige qui était attaché, sous l'Ancien Régime, aux gens des cours souveraines. Le mortier était une coiffure volumineuse de velours noir bordée d'un galon d'or. Le premier Président avait droit à deux galons d'or.

Il sera dès lors de tous les grands procès : contre Saint-Vallier, contre le Connétable de Bourbon, contre Louis Berquin, contre Semblançay… A chacun son 'bouc émissaire' !
En tant qu'officier, Antoine Le Viste était inamovible. Son office ne pouvait revenir au roi qu'après sa mort, sa résignation ou quelque forfaiture. Il recevait des gages que complétaient les épices, sommes tarifées prélevées sur les usagers pour certains actes, et des cadeaux que les justiciables pouvaient lui offrir pour se concilier ses bonnes grâces ou le remercier.

 

Le Parlement de Paris avait ses locaux au palais royal de l'île de la Cité. En 1515, on comptait six Parlements en province : Aix en Provence, Bordeaux, Dijon, Grenoble, Rouen, Toulouse. Mais celui de Paris contrôlait juridiquement les deux-tiers du royaume. Cour de justice, le Parlement remplissait aussi un rôle politique important en ratifiant la législation royale. Si le chef officiel en était le Chancelier, le Premier Président, aidé par les trois autres Présidents assistés d'une trentaine de conseillers, le dirigeait effectivement.

 

Antoine Le Viste n'aura pas eu le privilège que lui accordait sa charge de Président du Parlement de Paris de tenir l'un des quatre cordons du poêle (drap d'or sur lequel était posée l'effigie du roi mort) aux obsèques de François 1er mort en 1547. " Et portèrent le corps dudit Roy les gens de son Parlement… pour ce que ilz representent sa personne ou fait de justice, qui est le principal membre de sa coronne, et par lequel il regne et a seigneurie " disent les Chroniques des règnes de Jean II (roi de 1350 à 1364) et de Charles V (roi de 1364 à 1380), citées par Ernst Kantorowicz, Les Deux Corps du Roi, Gallimard, 1989). Ce privilège prescrivait que les Présidents, " ilz qui en Parlement representent la personne du roy et qui gouvernent la justice souveraine du royaume, soient au plus près du corps du roy " lors de ses funérailles. (Cérémonie de l'inhumation de Charles VI, roi de 1380 à 1422)
Antoine devait tirer gloire, fierté et peut-être vanité d'être " un vray poutraict de Sa majesté ". Même si, en 1515-16, à l'instant de commander La Dame à son ami peintre, il n'était encore que Maître des Requêtes, son ambition légitime et ses capacités reconnues lui promettaient déjà la charge de Président. François 1er lui-même ne l'avait-il pas nommé en ambassade auprès des Suisses dès son accession au trône en 1515 ?
Cette charge faisait de lui l'un des quatre juges les plus éminents de la Cour suprême du royaume, le rendait quasi l'égal du roi en tant que représentant de la personne du roi ou l'administration de la Justice au Parlement.

Elle le revêtait de vêtements d'apparat et d'insignes considérés comme " le vray habit dont estoient vestues Leurs Majestez " : robe rouge vif bordée de petit-gris, semblable à la pourpre royale, dont l'origine remontait au 14ème siècle (vestus de leurs manteaulx vermeils fourrez de menu vair) ; trois aiguillettes de ruban ou de soie d'or attachées à l'épaule, parfois nommées le bouton d'or, écho de la fabula, trois pendentifs de l'agrafe d'épaule royale, qui avec la pourpre, le sceptre et le diadème formaient les quatre insignes de la majesté impériale médiévale. Antoine et ses trois confrères, Présidents du Parlement de Paris, méritaient bien l'appellation de pars corporis principis, partie du corps du roi.
Aux enterrements royaux, alors que tous les membres du cortège étaient habillés de noir, les porteurs du poêle, exempts de porter le deuil depuis le 13ème siècle, étaient seuls à être vêtus de leurs robes rouge vif, manifestant ainsi que " la Couronne et la Justice ne meurent jamais ". La mort du roi ne saurait interrompre la justice ! Le roi est mort ! (triomphe de la mort)… il faut que vive le roi ! (triomphe sur la mort).

" Le roi est mort ! Vive le roi ! " Formule paradoxale et magique, anonyme quant aux noms du roi défunt et du nouveau roi, prononcée traditionnellement par le duc d'Uzès, pair de France, quand le cercueil du roi mort est descendu dans la voûte de la basilique Saint-Denis. Elle franchit pour la première fois les gorges des participants à l'avènement au trône de Charles VII après la mort de son père Charles VI en 1422 et appartient ensuite au rituel funèbre royal jusqu'en 1824 pour Louis XVIII.

En 1517, la terre de Fresnes, héritée de sa mère, fut érigée en châtellenie et il apparaît dès lors dans les documents en tant que chevalier.

Le 28 septembre 1524, il est commissionné pour recevoir le serment de fidélité prêté par les prélats de Bretagne par suite du décès de la reine Claude. Le 4 Novembre 1524, il est du cortège (Parlement, Châtelet, Université, Prévôté) qui va jusqu'à Bourg-la-Reine à la rencontre du convoi parti de Blois qui transporte les corps de la reine Claude et de la petite Louise morte à six ans. Il s'agit d'honorer feue la reine mais aussi de regagner la bienveillance de François 1er. Avec ses trois autres confrères Présidents du Parlement, en robe et manteau d'écarlate, il soutient le dais de satin cramoisi qui abrite la remembrance de Claude.
Le 7 mars 1525, le désastre de Pavie est annoncé à Paris. Antoine s'offre à monter la garde à la porte Saint-Antoine. Il fait partie de la Chambre Verte, parle de la défense de Thérouanne, négocie un emprunt, avec de Selve, Guillard, il rédige les remontrances du Parlement à Louise de Savoie, il discourt au Parlement, il lit en Cour une lettre de Lyon au sujet de la santé du roi que certains disent être mort, etc…
Le 6 janvier 1526, un acte passé devant Jean Comtesse, notaire, atteste que Charlotte Briçonnet (veuve de Pierre Le Gendre) et Antoine sont mariés. Et le 5 février, il souhaite bon voyage à l'archevêque d'Aix qui est venu prendre congé du Parlement pour aller recevoir à Bayonne le roi nouvellement libéré. Il lui recommande de faire part au roi des demandes d'appointements des magistrats non encore payés. Il faut vraiment penser à tout !

En avril 1527, il est, avec l'évêque de Tarbes et le vicomte de Turenne, de l'ambassade qui part négocier en Angleterre le traité de Westminster ou traité de paix perpétuelle qui prévoit le mariage de Mary, princesse de Galles, fille de Henry VIII, avec le dauphin, second fils de François 1er. Le Traité de Moore du 30 Août 1525, en quatre parties, est confirmé :
- le traité de paix et d'amitié : Henry VIII s'engage à obtenir de Charles Quint la libération de François 1er
- le traité de l'obligation : reprenant d'anciennes créances, le montant s'élevait à deux millions d'écus d'or, soit une véritable indemnité de paix de 200 000 écus à verser à Henry VIII
- le traité des déprédations : un tribunal spécial règlera les dommages de guerre
- le traité du douaire : celui de Mary est fixée à 58 000 livres.

 

Le Journal d'un bourgeois de Paris sous le règne de François 1er rapporte le retour à Paris : Audict an mil cinq cens vingt sept, incontinent après Pasques, arriva à Paris monsieur le president le Viste qui venoit d'ambassade de devers le roy d'Angleterre, accompaignez de grand nombre de gens jusques au nombre de quatre vingtz ou cent chevaulz, et amena avec luy de granz seigneurs d'Angleterre qui vinrent tous vers le Roy estant à Paris. On dit que c'estoit pour traicter du mariage de monsieur le Daulphin et la princesse de Galles, fille unique d'Angleterre…

Le 19 février 1528, il est grand-père : sa fille met au monde Florimond II Robertet. Marie, sa petite-fille, naît entre 1532 et 1534. Elle épousera en 1551 André Guillard, Premier Président du Parlement de Bretagne, ambassadeur à Rome vers 1565.

En 1531, il n'assiste pas aux funérailles de Louise de Savoie : "La ville fit aussi des presens aux fils du roy, en les félicitant de leur heureux retour d'Espagne. Cette joie de toute la cour fut quelques mois après changée en deuil, par le décès de Louise de Savoie mere du roy, morte à Grez en Gastinois ... le 22. Septembre de la mesme année 1531. Le roy son fils lui fit rendre les mesmes honneurs qu'à la reine Claude de France, sa première femme, tant à Paris, qu'à S. Denis, où elle fut inhumée. Son corps fut d'abord apporté à l'abbaye de S. Maur des Fossez, d'où, le 16. d'Octobre, il fut conduit à l'abbaye de S. Antoine, & le 17. à N. D. Outre le corps, il y avoit aussi une représentation ou effigie portée à part sur une litière, derrière laquelle estoit un dais à six bastons porté par le prevost des marchands, les eschevins & le greffier de la ville [...] Le parlement vestu de noir entouroit la litière de l'effigie, & suivant ce qui avoit esté réglé par un arrest provisionnel du 16. Octobre, le coin du poêle du costé droit de devant fut porté par le plus ancien maistre des requestes, & le coin du costé gauche par le plus ancien conseiller, en l'absence de Charles Guillard & d'Antoine le Viste presìdens & les deux autres coins furent portez par des presìdens." (Dom M. Félibien, Histoire de la ville de Paris, t. II, p. 992).

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/4922-histoire-de-la-ville-de-paris-tome-2/

Il préside les Grands Jours de Bretagne (en 1517, 1530, 1532), de Poitiers (1531) et de Tours (1533).

Il meurt le 22 septembre 1534. Il a été inhumé dans le chœur de l'église Saint-Merri (ou Merry) où ses parents l'ont été (son père en 1493 et sa mère en 1510) et où la famille de sa mère avait sa sépulture. Ce chœur a été refait à l'époque baroque, il ne reste plus rien des tombeaux dont les restes ont dû intégrer le charnier du cimetière des Innocents.

Le Journal d'un bourgeois de Paris annonce ainsi sa mort : " Audict an, (1534) en octobre, monsieur le Viste, president de paris et de Bretaigne, mourut audict pays de Bretaigne, où il estoit allé tenir les grandz jours, et fut son corps apporté inhumer à Paris, en l'église des Blancs Manteaux. " Ce lieu est surprenant car il semblerait que c'était le lieu d'inhumation de la famille Robertet dont sa fille Jeanne avait épousé un des membres. Malheureusement, l'église des Blanc-Manteaux a été transformée depuis.

 

Il ne reste des sépultures de l'ancienne église des Blancs Manteaux érigée en 1258 par l'ordre mendiant des Servites de Marie, portant sur leur habit un " manteau blanc ", et démolie en 1685, que la partie supérieure de la pierre tombale de Jeanne Briçonnet, décédée le 14 janvier 1548, sœur de Charlotte, seconde épouse d'Antoine. Elle était autrefois inhumée derrière le maître autel de l'église.

Épitaphier du vieux Paris ; recueil général des inscriptions funéraires des églises, couvents, collèges, hospices, cimetières et charniers, depuis le moyen age jusqu'à la fin du 18e siècle, tome II, Raunié, 1854-1911.

http://archive.org/stream/pitaphierduvie02raunuoft/pitaphierduvie02raunuoft_djvu.txt (choisir le format " flip book ")

 

Tombe de Jeanne Briçonnet : Cette tombe fut transportée dans la sacristie, d'après le ms. D.
Réduction d'un dessin des Tombeaux de Gaignières (Oxford), t. VI, fol. 43. - La tombe de Jeanne Briçonnet paraît avoir été transférée plus tard au milieu de la nef.
Tombe plate sur laquelle la défunte était représentée dans une arcade cintrée, surmontée d'une tête d'ange ailée, avec des rinceaux de feuillages. La pierre tombale, décorée à ses angles de quatre écussons, portait en bordure cette épitaphe : " Cy gist noble damoyselle Jehanne Brissonnet, en son vivant femme de noble homme Robert Pieddefer, escuyer, seigneur de Guyencourt, Viry et Garencières, laquelle décéda le 14e jour de janvier 1548. Priez Dieu pour elle. "
Armes.
- Briçonnet : D'azur à la bande componée d'or et de gueules de cinq pièces, le premier compon de gueules chargé d'une étoile d'or, et ladite bande accompagnée en chef d'une étoile aussi d'or.
- Piédefer : Echiqueté d'or et d'azur.

Texte d'après le dessin ci-dessus. - Mss. A1, p. 687 ; - B1, p. 38.

http://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr;p=jeanne;n=briconnet

http://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr;m=A;p=jeanne;n=briconnet&siblings=on&notes=on&t=T&v=6&image=on&marriage=on&full=on

Descendants de Jeanne BRIÇONNET

http://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr;m=D;p=jeanne;n=briconnet&siblings=on&notes=on&t=T&v=6&image=on&marriage=on&full=on

Ascendants de Charlotte BRIÇONNET
http://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr;m=A;p=charlotte;n=briconnet;oc=1&siblings=on&notes=on&t=T&v=6&image=on&marriage=on&full=on

 

Dans cette même église des Blancs Manteaux, étaient aussi les sépultures de la sœur de Jeanne, Louise Briçonnet, épouse de Louis Allegrain, conseiller du roi aux parlements de Paris et de Bretagne, seigneur de la Grande paroisse, mort le 26 juillet 1554. Et celle de Hémon Raguier, trésorier de la reine Isabeau
de Bavière puis contrôleur et trésorier des guerres du roi, mort à Tours le 2 novembre 1433,
de la famille de Jacqueline Raguier, première épouse d'Antoine.

http://www.cosmovisions.com/monuParisEgliseSaintMerri.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux

 

Joris Karl Huysman, Trois églises et trois primitifs, 1908

Trois églises : La Symbolique de Notre-Dame de Paris - Saint-Germain-l'Auxerrois - Saint-Merry.
Trois primitifs : Les Grünewald de le Musée de Colmar. - Francfort-sur-le-Mein.

" Saint MERRY ou Saint MÉDÉRIC n'est pas un saint sur le compte duquel les renseignements abondent. Ce que l'on connaît de sa vie peut se résumer en quelques lignes. Entré à l'âge de treize ans au monastère bénédictin de Saint-Martin, situé près de la ville d'Autun où il naquit, il devint abbé de ce cloître, prit la fuite pour se retirer dans un désert et y mener l'existence des ermites et fut ramené de force par l'évêque d'Autun, au milieu de ses moines. Il s'évada de nouveau avec Saint Frodulphe, l'un de ses disciples et parvint près de Paris. Là, il découvrit, dans un petit bois, une chapelle dédiée à Saint Pierre, bâtit une cellule dans son voisinage, et après y avoir demeuré pendant deux ans et neuf mois, il y mourut le 29 août de l'année 700 et fut inhumé dans ladite chapelle.

Vers la fin du neuvième siècle, Odo falconarius, Odon le fauconnier, un capitaine qui avait combattu, sous les ordres du comte Eudes, les Normands dont l'armée assiégeait Paris, fit construire sur la place de la chapelle, tombée en ruines, une église romane ; elle fut érigée en collégiale, baptisée sous le double vocable de Saint-Pierre et de Saint-Merry, puis ce dernier, peu à peu, à cause des miracles qu'il opéra, évinça l'autre et resta seul titulaire de cette église que l'on détruisit au XVIe siècle.

Celle qu'on lui substitua et qui existe encore fut commencée en 1525 et achevée en 1612. "

 

À propos d'un tableau de l'Église Saint-Merri :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1915_num_12_4_7042

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Sa signature au bas d'une lettre écrite avec Pierre Legendre, au roi, à Paris, un 15 août.
Bnf, Fr. 2971, recueil de lettres et de pièces originales…, fol. 149
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059907g/f280.item

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Antoine Le Viste était un proche du poète humaniste Antoine du Saix, poète savoyard et "commandeur jambonnier de Rabelais"*, qui composa à sa mort une épitaphe :

" L'epitaphe de feu monsieur le president Le Viste, faict a Clery.

C'est ung arrest, que le depositaire
Est obligé de tout ce qu'a receü :
Et luy convient fournir son inventaire,
Ou aultrement il s'en treuve deceü.
Puis donc que tel arrest par tout est sceu,
Il fault si bien a poinct son compte faire,
Qu'on puisse au monde, aprés Dieu, satisfaire.
Ainsi celluy, qui cy est redigé,
En a usé, laissant le monde immunde.
L'ame a Dieu rend, pour plus n'estre obligé,
Le corps a terre, & les procés au monde. "

(dans PETITZ FATRAS dung apprentis, surnommé Lesperonnier de discipline [Antoine Du Saix]. 1537. On les vend a Paris, chez Simon de Colines, au Soleil dor , rue S. Iehan de Beauluais . In-4 de 40 f. chiffr., impr. en belles lettres rondes, sign. A-E par 8, mar. v., fil., comp., dos orné, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet .)
(p.12)

* : Lucien Febvre, Le problème de l'incroyance au XVIe siècle. La religion de Rabelais, Albin Michel, 1942, p. 38.

 

Cf. Archives historiques Jean de Selve, nos 1 à 156.
http://www.bibliorare.com/pdf/cat-vent_maigret15-05-2013-cat.pdf

67. François Ier : Lyon, mai-juin 1522, au premier président Jean de Selve, contresignées par Jean Breton (la troisième par Florimond Robertet) :
Le 20 juin, il mande à Monsieur de Fresnes [Antoine Le Viste] " ne bouger de paris et faire ce que vous luy ordonnerez pour mes affaires "...

143. Louise de Savoie : Saint-Germain, 12 décembre [1528?], au premier président de Paris, Jean de Selve ; contresignée par Gilles de Comacre :
" Depuis vous avoir donné charge de faire depescher le proces de la dame d'estelan, jay entendu que le president Poulliots en va hors paris aumoyen de quoy et de la recusacion qui est sur les presidens Guillart et Le Viste ledit proces se trouveroit retardé de long temps, et pource que en toute resolucion suyvant le bon plaisir du roy je desire quil soit preferé a tout aultre entrecy ceste feste de nouel et que aumoyen de ladite recusation ne se peult faire sans que y assistez. A ceste cause je vous prie [...] que prenez ceste peine en ma faveur de assister lung des jours de ceste sepmaine a la court de parlement, et faire mettre ledit proces sur le bureau qui ne vous pourra empescher ace que jentends que ung jour pour le plus, et ce faisant pouvez estre asseuré que ferez au roy et a moy fort agreable plaisir "...

 

J. De La Martinière, Le Parlement sous les rois de France, de 1491 à 1554 (suite). In Annales de Bretagne. Tome 39, numéro 2,
1930. pp. 187-222.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391X_1930_num_39_2_1665

p. 187-188

Potier de Gourcy (1) et, d'après lui, M. Frédéric Saulnier (2), ont donné une liste des présidents du Parlement de Bretagne, de 1493 à 1554, étrangement incomplète et fautive. On trouvera ci-après, sur les premiers, seconds et tiers présidents, des notes biographiques.

Nous avons dit comment le premier président vit d'abord renouveler sa commission chaque année, jusqu'en 1495. Trois des premiers présidents, au moins, Le Viste, Guillart et Baillet eurent entre eux des liens étroits de parenté. Tous, ou presque, se trouvèrent au courant des affaires bretonnes non seulement par tradition de famille, mais aussi en raison des missions qu'ils reçurent. Par là leur tâche se trouva facilitée. Ils préparèrent de longue main l'autorité souveraine du Parlement, gênés parfois, on peut le croire, par les interventions du Parlement de Paris et celles de leurs seconds présidents devenus gardes des sceaux et présidents du Conseil de Bretagne.

On remarquera que la charge de premier président du Parlement de Bretagne comporta celle de président au Parlement de Paris pour Ganay, Guillart, Poyet et Bertrandi, de maître des requêtes pour Le Viste et Baillet.
Les seconds présidents appartiennent tous à des familles très bretonnes et relevèrent le titre de " présidents de Bretagne ", au moins depuis Maure de Quenec'hquivilly, en 1512.

Pendant le veuvage d'Anne de Bretagne, et après la chute retentissante du vice-chancelier Jean Briçonnet, la Présidence du Conseil et la garde des sceaux de Bretagne donna une importance particulière à la charge. Il arriva même que des clercs zélés donnèrent du " vice-chancelier " aux seconds présidents. Des Désers et Bourgneuf furent, pour les premiers présidents, plus que des auxiliaires. Ils contribuèrent, semble-t-il, à vouloir donner trop d'importance à l'action judiciaire du Conseil.

Les tiers présidents, créés par l'édit du 10 novembre 1526, devaient posséder les mêmes droits et prérogatives que les seconds présidents. En fait la garde du sceau donna toujours à ceux-ci une situation prépondérante. La formule du registre de la chancellerie est ainsi libellée au début de 1534 : " Devant Mgr le président des Dézers, présens et assistant aud. Seau messieurs le président Le Rouge... "

(1) Potier de Courcy, Nobiliaire de Bretagne, 3e édit., t. III, p. 320.
(2) Frédéric Saulnier, Le Parlement de Bretagne, 1554-1790. Rennes, 1909, in-f°.

 


pp. 192-194
Antoine le Viste, 1515-1534.

Antoine Le Viste, seigneur de Fresnes-les-Rungis, appartenait à une famille de robe originaire de Lyon. Son père, Aubert Le Viste, reçu conseiller au Parlement de Paris en 1491, avait épousé Jeanne Baillet, fille d'un maître des requêtes et de Colette de Fresnes. De ce mariage naquit, outre Antoine, une fille qui devint femme en secondes noces de Jean Briçonnet, conseiller au Parlement de Paris, frère du vice-chancelier de Bretagne. Antoine épousa Charlotte Briçonnet, déjà veuve à deux reprises, et qui devait posséder une grosse fortune, puisqu'elle se remaria ensuite une quatrième fois (1). Il eut une fille unique, Jeanne, dame de Fresnes, Saint-Gobert, Arey et Montmorillon, laquelle devint femme de Jean Robertet, secrétaire des finances. Antoine Le Viste mourut entre le 12 septembre et le 21 octobre 1534 (2) " plein d'honneur, de gloire et de biens " (3).

(1) Sur la famille des Le Viste, cf. le tableau généalogique publié par Henri Martin, La Dame à la licorne, dans Mémoires des antiquaires de France, 1924-1927, p. 161. Jeanne, fille d'Antoine, semble bien avoir possédé la fameuse tapisserie de la Licorne du Musée de Cluny.
(2) Registres de la Chancellerie de Bretagne, archives de la Loire-Inférieure, B 33, fol. 128, et Catalogue des actes de François 1er, II, 753, 7.400.
(3) Blanchard, Les Présidents à mortier, l. c., p. 141-143, et Catalogue de tous les conseillers, l. c., p. 36.


Antoine Le Viste, rapporteur et correcteur de la chancellerie à la suite de son père (on le trouve portant ce titre en 1493), maître des requêtes ordinaire de l'hôtel, ambassadeur avec Pierre de la Guiche en Suisse, où ils préparent le traité du 7 novembre 1515 (1), président au Parlement de Paris le 23 décembre 1523 (2), après Pavie paie de sa personne pour maintenir l'ordre à Paris, et " travaille avec un soin extrême pour la conservation de l'autorité royale " (3), est associé à Gabriel de Gramont, évêque de Tarbes, et au vicomte de Turenne pour négocier, avec les ambassadeurs d'Henri VIII, un traité destiné à resserrer l'alliance anglaise (4), se rend en Angleterre (5), et avance au roi les frais de sa mission (1527) (6), est chargé d'achever la rédaction des coutumes de Montargis, Lorris, Gien, Sancerre et autres lieux (1530) (7), préside les Grands Jours de Tours (1533) (8), est désigné pour rédiger les coutumes du Berry (1533) (9) et celles du Nivernais (1534) (10).

(1) Catalogue des actes de François Ier, IX, 76.
(2) Id., VII, 492, 2S.023.
(3) Moréri.
(4) Catalogue des actes, I, 503, 2.053.
(5) Id.,1, 506, 2.667.
(6) Id., VI, 77, 19.288.
(7) Id., I, 720, 3.760.
(8) Id., II, 502, 6.222 et 619, 6.787.
(9) Id., II, 636, 6.865.
(10) Id., II, 741, 7.340.


Ganay et Guillart étaient présidents au Parlement de Paris quand ils furent nommés premiers présidents du Parlement de Bretagne. Antoine Le Viste, sur le repli de l'ordonnance du 27 juillet 1515, s'intitule " maître des requêtes ordinaire de l'hôtel, premier président du Parlement de Bretagne " (11).
" A l'entour " du duc de Valois, il lui rendit de " bons, grans, louables et agréables services ". François 1er les reconnut, dès son avènement, par sa nomination aux charges de maître des requêtes et de premier président au Parlement de Bretagne, et, en mai 1517, par l'érection de sa terre de Fresnes en châtellenie (12).

(11) Archives de l'Hôtel de ville de Vannes.
(12) Archives nationales, J 961 (10), n° 24, et Catalogue des actes, I, 117,
678.


Suivant l'exemple de Ganay, et nonobstant ses multiples alliances avec le vice-chancelier Jean Briçonnet, Le Viste prit de suite franchement parti pour le Parlement contre le Conseil. Après avoir subi bien des humiliations de la part du vice-chancelier, devenu tout-puissant depuis que le titre de chancelier de Bretagne était devenu purement honorifique, le premier président du Parlement demeura enfin vainqueur dans cette lutte. A partir de 1526, l'emploi de vice-chancelier fut toujours rempli par un second président au Parlement, précisément pour maintenir l'autorité suprême du Parlement comme cour de justice. Dès lors le lieutenant gouverneur et le premier président devinrent les deux plus hauts personnages représentant le roi dans la province. Le Viste assista au moins aux sessions de 1525 (1) et de 1532 (2).
Il se trouvait à Nantes, le 12 septembre 1534, au conseil où était évoquée une affaire le concernant (3). Il y a lieu de croire que la mort le frappa avant qu'il eût pu, cette même année, présider le Parlement (4). Sa pension comme premier président se montait à 400 livres (5).

(1) Blanchard, l. c.
(2) Catalogue des actes, II, 309, 5.341.
(3) Archives de la Loire-Inférieure, B 36, fol. 128.
(4) Blanchard dit qu'il mourut " étant sur le point de retourner " présider le Parlement.
(5) Catalogue des actes, II, 133, 4.510, et II, 726, 7.274.


pp. 204-205

Le premier président Le Viste comparaît en personne, pour une affaire qui le concerne, au tribunal du Président de Bretagne, le 11 septembre 1534 (Arch. de la Loire-Inférieure, B 34.).

 

L'anneau de la licorne

Il s'était senti bousculé et solitaire à la lisière de sa constellation qui n'était dans l'espace recuit qu'une petite ville frileuse.
A qui lui demanda : " L'avez-vous enfin rencontrée ? Etes-vous enfin heureux ? ", il dédaigna de répondre et déchira une feuille de viorne.
René Char

 

masque - Gabon

 

Adieu. Ne quittez point ma princesse, ma reine,
Tout ce qui de mon cœur fut l'unique désir,
Tout ce que j'aimerai jusqu'au dernier soupir.

Jean Racine, Bérénice
(vers 768-770 - propos de Titus)

 

Histoire des Le Viste

 L'armorial historique de Bresse, Bugey, Dombes, pays de Gex, Valromey et Franc-Lyonnais de Edmond Révérend du Mesnil, Lyon, 1877

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54159264.r=armorial+bresse+bugey.langFR - Famille Leviste - p. 374

 

Claude Le Laboureur, Les Mazures de L'Abbaye Royale De L'Isle Barbe chez Lyon Ou Recueil Historique De Tout ce qui s'est fait de plus memorable en cette Eglise, depuis sa Fondation jusques à présent : Avec Le Catalogue De Tous ses Abbez, tant Reguliers que Seculiers, Volume 2, p. 657-662

http://books.google.fr/books?id=jj4_AAAAcAAJ&pg=PA661&lpg=PA661&dq=antoine+le+viste&source=bl&ots

=VZnn3XskeL&sig=adk8VKCDd2MVaZ0oFWzgV767M3w&hl=fr#v=onepage&q=antoine%20le%20viste&f=false

 

http://www.nonagones.info/correlation-geometrique-geographique.php?chapitre=

Chapitre+XIII+-+Les+Le+Viste&ph1=F1020501.jpg&depl1=Partie+II+

-+Voyage+dans+le+temps&ph=F1021301.jpg&destination=transf/1021301.htm

 

Dictionnaire veridique des origines des maisons nobles (p. 40)

http://books.google.fr/books?id=kGdAAAAAcAAJ&pg=PA483&lpg=PA483&dq

=antoine+le+viste&source=bl&ots=xNnhN8Xlyx&sig=Q4yYsLOkwcV5fds6-g-xE6KJi5g&hl=fr&ei=OLN7TM7EFdLf4Aa__eTRBg&sa=X&oi=book_result&ct

=result&resnum=3&ved=0CB4Q6AEwAjgU#v=onepage&q=antoine%20le%20viste&f=false

 

 

— Les jetons lyonnais inédits du recueil Félibien :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/numi_0484-8942_1974_num_6_16_1071#

L'inscription : " M . A . LEVISTE : CHLR . S . D . FRESNES . PRES + "

soit " Maître Antoine Leviste, Chevalier, Seigneur de Fresnes, Président "

L'avers a repris l'emblème (la salamandre couronnée et ses flammes)

et la devise du roi : " Nutrisco : Extinguo "

 

("... le témoignage des sceaux nous donne une vision encore plus complexe de cette famille : il est tout aussi probable que les mâles de la famille apposaient des sceaux légèrement modifiés par rapport au blason dans un souci de se distinguer les uns des autres ; […] le blason pourtant bien attesté d'Antoine le Viste apparaît sous une forme échancrée et accosté de deux étoiles... " Carmen Decu Teodorescu, La Tenture de la Dame à la Licorne. Nouvelle lecture des armoiries, p. 355-367, dans Bulletin Monumental, tome 168-4, année 2010, Société Française d'Archéologie.)

 

"Le jeton d'Antoine II Le Viste" (dans le Recueil Félibien, tome III) : article de Jean Tricou, Revue numismatique, 1974, Volume 6, Numéro 16, pp. 135-141

+M.A. LE VISTE : CHLR. S. D : FRESNES. PRES. Écu échancré à ses armes accosté de deux étoiles.

R/ NVTRISCO : EXTINGVO. Salamandre couchée à droite, la tête tournée à gauche, sur un semé de flammes. Au-dessus une couronne à trois fleurs de lys.

(merci à Vincent Drost, secrétaire de la Société Française de Numismatique)

 

Cf. aussi : Les Lyonnais dans l'Histoire, sous la direction de Jean-Pierre Gutton, Privat

 

— Antoine Le Viste et son gendre, Florimond Robertet

http://pleade.bm-lyon.fr/sdx/pl/doc-tdm.xsp?id=FRCGMBPF-693836101-01f_D33F13966&fmt=tab&base=fa

 

— Antoine Le Viste et la Coutume de Blois

http://books.google.com/books?id=8aohjNh2Em0C&pg=PA40&lpg=PA40&dq=antoine+le+viste&source=bl&ots

=PJgiSemBOB&sig=npMjdpiET7YwrRs2M0hiG4O_kq4&hl=fr&ei=CYDgSsLZNdvajQeb6bClBg&sa

=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CAgQ6AEwADgK#v=onepage&q=antoine%20le%20viste&f=false

 

— Antoine Le Viste et l'écrivain Antoine Du Saix, auteur de son épitaphe

http://books.google.com/books?id=9FE_f-PaUP4C&pg=PA164&lpg=PA164&dq=antoine+le+viste&source

=bl&ots=Oc80KCX1Yh&sig=7DeHiff0yom-sFtZYYvZ52-cmV8&hl=fr&ei=CYDgSsLZNdvajQeb6bClBg&sa

=X&oi=book_result&ct=result&resnum=10&ved=0CB0Q6AEwCTgK#v=onepage&q=antoine%20le%20viste&f=false

 

http://books.google.com/books?id=9FE_f-PaUP4C&pg=PA164&lpg=PA164&dq=antoine+le+viste&source

 

— Les Le Viste contemporains

http://www.leviste.com/family/origin.html

 

Trouvé dans Documents du Minutier central des Notaires de Paris, 1483-1547, t.1, Archives Nationales, 1982.

Inventaire après décès de Nicolas de Cerisay, seigneur et baron de La Rivière, demeurant rue de l'Arbre-Sec, dressé le 2 mai 1533, à la requête d'Antoine Le Viste, exécuteur testamentaire et tuteur des enfants mineurs du défunt et d'Anne Bohier, décédée auparavant. (51f.) CXXII, 1084.

 

Trouvé dans Documents du Minutier central des Notaires de Paris, avant 1515, Archives Nationales, 2008.

Présence de Jean Le Viste, marchand chaudronnier à Paris. En 1512, il fournit un bassin d'airain et trois petits chandeliers de cuivre pour la grande chambre du parlement (Archives Nationales, X1A 1514, fol. 47). Marié à Marguerite Patrouillart, il est tuteur en 1513 des enfants mineurs de feu Nicolas Patrouillart et de Jacquette Yon, sa femme (VIII/50, 4 janvier 1513). En 1537, il est crédirentier pour une maison, rue de la Verrerie (Archives Nationales, S 1100)

 

Présence de Félix Phélisot Le Viste, chaudronnier et bourgeois de Paris, rue Saint-Martin.

En 1474, il est juré du métier de chaudronnier.

En 1481, il est pleige de l'institution de Louis Le Secq comme mesureur de grains.

En 1485, il est témoin, comme voisin, de la mise sous tutelle des enfants mineurs de feu Jean Pavye, chaudronnier.

En 1497, il répare un grand pot de cuivre appartenant aux Chartreux.

Marié avec Denise, morte en 1473, il a un fils Audry.

Marié avec Jeanne, morte en 1488, il a des enfants.

Marié avec Perrette Lomme, signalée veuve en 1507. Mais il est certainement mort avant 1500.

 

Jeanne Le Viste, unique héritière des biens de son père, donne à son fils Florimond Robertet les terres qu'elle a héritées du côté de Lyon, à condition qu'il porte le nom et les armes de la famille Le Viste ou au moins de les combiner avec les armes Robertet. Florimond doit également se marier, et Jeanne se réserve le droit de choisir lequel de ses fils portera le nom de Le Viste.

Archives Nationales, Y96, fol. 327v° (5/5/51) - Y 106, fol. 273v° (15/10/61)

 

Jeanne Le Viste promet à sa fille, Marie Robertet, et à son gendre, André Guillart, 18 000 £ en espèces (un tiers de ce qui est désigné propres) à la veille de leur mariage, plus une rente supplémentaire de 800 £ (égale à 9 600 £ au taux d'intérêt courant) à sa mort. Si Marie et André choisissent, cependant, ils peuvent rendre la dot à sa mort et partager la succession de Jeanne Le Viste selon le droit coutumier. La promesse de la rente de 800 £ est donc simplement une garantie d'un montant minimum devant être perçu ultérieurement.

Archives Nationales, Y 97,fol. 440 v° (8/7/51)

 

Ces clauses garantissent que l'héritage fournira un complément acceptable à la dot.

Dans Barbara B. DIEFENDORF, Paris City Councillors in the Sixteenth Century. The Politics of Patrimony, Princeton University Press, New Jersey, 1983.

 

Bernard Guenée et Françoise Lehoux, Les Entrées royales françaises de 1328 à 1515, Paris, éd. du CNRS, 1968.

" Entrée de Charles VIII à Paris le 5 Juillet 1484 - 2 Juillet 1484 " : " Ce jour ont été commis à aller au boys de Vincennes après disner devers le roy qui a escript à Monseigneur le premier président aller vers lui avec les autres présidens et mener aucuns des conseillers de ceans, Maistres Jehan Avril, A, le Viste *, Pierre de Cerisay, G. de Montboissier, Jean de Feugeraiz, Guillaume de Cambray, Pierre de Neufbourg, Jehan de Caulers, Ja. Chambellan, J. Baudry, J. Pellieu, M. Bellefaye, G. Allegrin et Pierre Trarquan. (p. 98)

 

* Il s'agit d'Aymé ou d'Aubert Le Viste, tous deux étaient conseillers au Parlement.

 

" Entrée de Charles VIII à Troyes le 11Mai 1486 - dépenses faites par la ville " :

" A Huguenin Cordellier et son filz , Jehan Bertier et Jehanninot le Viste, Bonny, Lescorché, Henry le Moine, Guillemin Guiart, Gerart le Moine, Jaquet Moreau, Jehan Regrin, Jehan Cointe, Thevenin Guiot, Jehan Guiot et Pierre de Mante, pour avoir vacqué chacun ung jour et demy et une nuyt a faire led. jardin a III s. II. d. pour homme, avec Pierre Sains, val. LXII s. VI.d. " (p. 290-291)


 

 

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