BOUSSAC :

le château et ses propriétaires

 

Le château de BOUSSAC

 

Castrum de BOSSAC

 

 

"Aucune fatalité, bien sûr, n'était inscrite dans cette terre. Comme ailleurs, la décision revenait en définitive à la volonté et aux initiatives des hommes."

Désiré Brelingard, Histoire du Limousin et de la Marche, Que sais-je ?, n° 441, PUF, 1950.

 

 

Vers 1000 à 1500 ans avant n.è. (âge du Bronze), les Touraniens du Turkestan émigrent et descendent les vallées de la Grande et de la Petite Creuse pour s'installer dans cette contrée, en particulier à Toulx-Sainte-Croix, hauteur située à six kilomètres environ de Boussac.

La légende ajoute : les Gaulois succèdent aux Touraniens. Ceux-là appartiennent à la tribu des Bituriges, voisins et amis des Avernes et des Lémovices.

Toulx devient donc un oppidum gaulois. Puis c’est l'invasion des Romains, qui laisse de nombreuses traces dans notre région. La légende affirme que César en personne fait construire la première tour de Bocianum, (forme primitive gallo-romaine du nom de Boussac) au confluent de la Petite Creuse et du Béroux, sur un rocher. Il paraît que cette tour existait avant Léocade, sénateur romain du IIIe siècle, prince de Déols, gouverneur des provinces de l'Aquitaine et du Limousin.

 

 

La forme latine primitive Bociacus/Bociacum ("le domaine de Bocius") du nom de Boussac révèle une occupation humaine ancienne d’origine gallo-romaine. Puis la ville se nommera successivement Cappella de Bociaco (1095), Bocac Ecclesiarum (1104), Botzac las Eglesias (en langue d'oc - (1150), Castrum de Botzac et Cappella de Botzac le Chastel (1150 - ces noms attestent l'existence d'une seigneurie, déjà établie depuis le milieu du XIe siècle puisque le cartulaire d’Aureil mentionne la mort de Raoul IV de Déols, dit l’Enfant, en 1058, au château de Boussac). Le château de Boussac est construit sur un éperon rocheux de plus de quarante mètres de haut, au confluent de la Petite Creuse et du Beyroux, position stratégique de surveillance des environs et défensive naturelle par la présence de la paroi abrupte du ravin.

 

Mais aussi Boussacum : « Les deux tiers de cette ville sont situés sur des rochers escarpés et au bord de précipices ; le château qui joint le reste de la ville est placé sur un roc presque inaccessible : Boulch, bous, coupés ; acon, rochers. » Dans Relation de l'ordre de la triomphante et magnifique monstre du mystère des ss. Actes des Apostres (mystère de Simon Greban créé en 1465), Bourges, Anceron, 1836, p. 324.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Boussac_(Creuse)

 

Au Moyen Âge, la ville de Boussac dépend directement du duché de Berry. On voit par les textes que le château de Boussac bien qu'annexé par le Berry au XIe siècle, fait partie du diocèse de Limoges et relève en même temps de l'évêque du même diocèse au point de vue féodal.

 

Jean Chaumeau (Histoire de Berry, Lyon, 1566, p. 264-265) note : « La ville de Boussac est assise en Berry distant de la ville de bourges vingt lieuës ou environ, & d’Yssouldun quinze lieuës, pres les fins & limites des païs & duché de Bourbonnoys, & conté de la Marche de Lymosin, sur le costé meridional, &  par ce qu’elle est de ce côté et endroit la dernière ville du Berry, les païsans et rustiques du païs l’appellent par équivocque, le bout du sac. Elle est bien close & fermee de murailles, tours, portaux & fossez. Mais le chasteau est de bien plus grande apparence & representation de forteresse. Car il est situé & assiz sur un puyssant rocher entre deux rivieres, l’une appellée la petite Creuze, & l’autre Veyron : & outre ce, bien remparé & muny de tours, forteresses & puyssantes murailles. Anciennement il fut destruit par les Angloys au temps de Edouard Roy d’Angleterre, & depuis rebasty par feu messire Jehan de la Brosse jadiz Chevalier de l’ordre duc de Bretaigne, & mareschal de France : l’effigie & pourtraiture duquel on voit encores à present elevee en pierre sus le pignon dudict chasteau. »

Pendant la Révolution, la commune se nomme Boussac-la-Montagne.

 

Familles propriétaires successives

du château de BOUSSAC (1265-1611)

 

 

« Certaines sources évoquent la présence d’une famille seigneuriale antérieure aux seigneurs de Déols, portant le nom de Boussac et qui aurait émigré en Italie vers l’an mil. » (Georges Janicaud, « Le château de Boussac », Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, tome XXV, Guéret, 1931, p.108)

 

Émile Chenon (« Notes sur les origines de Boussac», dans Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, tome XXI, 1920, p.434.) écrit que c’est à cette époque que les seigneurs de Déols « entreprirent la conquête de la marche de Berry proche du Limousin ». Il apparaît ainsi que les seigneurs de Déols possèdent la seigneurie de Boussac du début du XIe siècle jusqu’au milieu du XIIIe siècle : en 1244, la seigneurie de Boussac passe à la famille des de Brosse par le mariage de Roger de Brosse et de Marguerite de Déols. Les de Brosse, issus d’une ancienne famille berrichonne, conserveront cette seigneurie durant plus de trois siècles, jusqu’au milieu du XVIe siècle.

 

 La Maison de DEOLS

 

Blason de la famille de Déols

D’or à trois fasces de gueules

 

 

Sur la ville de Déols :

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9ols

 

 « Les recherches de deux savants allemands, MM. Joachim Wollasch et Karl Ferdinand Werner, ont jeté un jour nouveau et apporté de très importantes précisions sur les origines féodales du Berry, de l'Anjou et de la Touraine. »

Jacques Boussard, « L'origine des familles seigneuriales dans la région de la Loire moyenne », Cahiers de civilisation médiévale, 5e année, n°19, Juillet-septembre 1962. pp. 303-322. (Pour Déols, cf. p. 314-316)

(J. Wollasch, Kônigtum, del und Kloster im Berry wâhrend des 10. Jahrhunderts, dans G. Tellenbach, Neue Forschungen iiber Cluny und die Cluniacenser, Fribourg, 1959.

K. F. Werner, Untersuchungen zur Frùhzeit des Franzôsischen Fûrstentums (9.-10. J ahrhundert), (réimpr. de Welt als Geschichte, 1958/60).

http://www.persee.fr/docAsPDF/ccmed_0007-9731_1962_num_5_19_1235.pdf

 

La seigneurie de Boussac, avant de passer au XIIIe siècle dans la maison de Brosse, appartenait à la maison de Déols, famille qui serait issue du sénateur romain Léocade, préfet de la Gaule Lyonnaise, gouverneur de la Bourgogne, du Lyonnais et du Berry.

 

 La fondation du bourg de Déols est attribuée à ce Leocade vers l’année 42. Léocade réside à Bourges où il est baptisé par saint Ursin en l’église Saint-Etienne. Déols, en latin Doli, Dolensi et Dolensem Vicum au VIe siècle par Grégoire de Tours, Dolus Vigo Fitur, Dolus Vic, Dolus au VIe siècle, Villa Dolis en 917.

Puis « l’incertitude et l’obscurité qui planent sur les dernières années de la domination romaine en Gaule et sur les commencements de la monarchie française, couvrent également le berceau des souverains de notre Berry. La chronique reste muette pendant plusieurs siècles.

Pour retrouver les anneaux de cette chaîne brisée, il faut arriver au commencement du Xe siècle ; car ce n’est guère qu’avec Ebbes dit le Noble, fils de Laune, que le jour revient et que commence réellement l’histoire de ces princes. »

Compte rendu des travaux de la Société du département de l’Indre à Paris, 1853-1854, p. 135.

 

La confrontation de diverses sources est nécessaire pour nommer les membres successifs des Déols :

Gaspard Thaumas de La Thaumassière (généalogiste berrichon),  Histoire de Berry contenant tout ce qui regarde cette province et le diocèse de Bourges (sur internet)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_seigneurs, _comtes_et_ducs_de_Ch%C3%A2teauroux

et

http://genealogiequebec.info/testphp/info.php?no=176108.

 

Il est sans doute possible de faire remonter les origines de la maison de Déols à une époque reculée. Un Abo (soit Ebbe), un seigneur du Berry, s’intéresse en 877 à la fondation du monastère d’Aurillac par saint Géraud (Translatio et miracula sancti Genulfi).

 

La maison de Déols semble apparaître avec Launus (865- ), prince du Bas-Pays de Berry. Il épouse en 890 Arsende de Poitiers (870- ), fille de Ramnulf II, comte de Poitou et d’Ada). Enfants connus :

- Aldesinde de Déols (890- )

- Abbo ou Ebbes Ier (890-936) 

 

Ebbes Ier, dit le Noble (890-936), se nomme en 914 « seigneur de toute terre entre Cher et Creuse », fondateur de la maison de La Châtre selon de la Thaumassière. Il épouse Hildegarde en 915. En 917, à son retour de Terre sainte, il fonde avec son oncle Géronce et sa femme Hildegarde, l’abbaye bénédictine de Déols, à la condition expresse qu'il soit dirigé par Bernon alors abbé de Cluny. Cette fondation est confirmée en 927 au château de Déols. Il meurt en 935 en combattant les Hongrois à Orléans. Enfant connu : Raoul Ier

(Cf. Christian Lauranson-Rosaz, « Les origines d'Odon de Cluny », Cahiers de civilisation médiévale. 37e année (n°147), juillet-septembre 1994. p. 257.)

Déols devient au Xe siècle la capitale de l'une des plus importantes seigneuries du Berry et la véritable capitale du Bas-Berry.

 

Raoul Ier (915-952), dit le Grand, le Large ou le Libéral, seigneur de Déols et Issoudun.

Il abandonne à l’abbé Bernon et à ses religieux de Déols le bourg et la seigneurie de ce nom et se retire dans la forteresse qu’il a fait construire dans le voisinage sur la rive gauche de l’Indre nommé château Raoul, d’où le nom de Châteauroux. Enfant connu : Raoul II

 

Raoul II, dit le Chauve (945-1012).

Il épouse Dada en 980. Enfants connus : Eudes Ier, Ebbes Ier(985 - ), Eldeburge (990-1057).

 

Eudes Ier, seigneur de Déols, Châteauroux et Issoudun, dit l'Ancien (980-1038).

Il épouse la fille de Emenon d'Issoudun et Adhémauris en 1010. Enfants connus : Gertrude, Raoul III, Eudes Ier, Helie et Ebbes.

 

Raoul III, seigneur de Déols et Châteauroux, dit le Prudent (1010-1052). Enfant connu : Raoul IV.

 

Raoul IV Thibaut, seigneur de Déols et Châteauroux (1040-1099)

Il épouse Adda en 1070. Enfant connu : Raoul VI

 

Raoul V, seigneur de Déols, baron de Châteauroux, dit le Vieil (1070-1128).

Il épouse Béatrix Guillebaud, fille de Alard Guillebaud, seigneur de la Roche, Châteaumeillant, Cluis et Saint-Chartier et Lucque en 1112. Enfant connu : Abo II

 

Abo II, seigneur de Déols et Châteauroux (1113-1160)

 

À la fin du XIIe siècle, la famille de Déols étend sa puissance sur les deux tiers sud de l’actuel département de l'Indre. Au début du XIIIe siècle, les seigneurs de Déols-Châteauroux deviennent vassaux du comte Alphonse de Poitiers.

 

Raoul VI, seigneur de Déols et Châteauroux (1148-1176 à Ravenne, à son retour de Terre sainte).

Il épouse Agnès de Charenton, fille de Eblé IV, seigneur de Charenton, et Agnès de Bourbonen1170. Enfant connu : Denise de Déols et de Châteauroux (1173-1207).

 

Denise, unique héritière âgée de trois ans, est prise en tutelle par son oncle, Eudes, seigneur de La Châtre et de Châteaumeillant ; puis par le roi d’Angleterre Henry II qui la marie à Beaudouin de Rives, lequel meurt vers 1188-1189 ; enfin Richard Cœur de lion la marie en 1189 à André Ier de Chauvigny (1150-1202), dit le Clop ou le Boiteux, surnommé le Preux des preux. La seigneurie de Déols passe alors dans la maison de Chauvigny. Ils ont plusieurs enfants dont : Guillaume Ier de Chauvigny (1188-1233), seigneur de Châteauroux, Châteaumeillant et Issoudun ; André II (1190-1251) ; Bertrand (1195-1224).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Denise_de_D%C3%A9ols 

 

Eudes II, seigneur de Châteaumeillant et la Châtre (1150-1219).

Il épouse Alix de Bourgogne, fille de Eudes, duc de Bourgogne, et de Marie de Blois de Champagne en 1170. Il épouse Agnès (1165- ) en 1195. Enfants connus :

- Raoul de Déols (1180-1219 (de Alix de Bourgogne)

- Agnès de Déols (1195-1214) (de Agnès)

- Mahaut de Déols de Châteaumeillant (1210 - 1256) (de Agnès)

 

Raoul (1180-1219).

Enfant connu : Ebbe

 

Ebbe, seigneur de Châteaumeillant, Boussac, Préveranges et Bellefaye (1210-1256). Enfants connus :

- Isabelle (1240- )

- Marguerite (1245-1315)

 

Les deux sœurs épousent deux frères de la famille de Brosse :

 

Isabelle épouse Hugues II, vicomte de Brosse, fils de Hugues Ier, vicomte de Brosse, et Guburge Palesteau de Saint-Sévère, Mothe-Feuilly et Châteauclos, en 1260. Enfant connu : Jean, vicomte de Brosse (1265- )

http://genealogiequebec.info/testphp/info.php?no=176304

 

Marguerite épouse Roger de Brosse, seigneur de Boussac, frère de Hugues II, vers avril 1256. Enfant connu : Pierre de Brosse, seigneur de Boussac et Sainte-Sévère (1274-1315)

De cette seconde union sortira la branche des seigneurs de Boussac.

http://genealogiequebec.info/testphp/info.php?no=176108

 

Famille de BROSSE

(1265-1578)

 

 

 

Armes de la famille de Brosse

D’azur à trois brosses d’or liées de gueules

 

 « Cette famille, type de ces fortes races féodales qui ont ensanglanté le Moyen Age de barbarie et l'ont illustré par de si nobles dévouements, représente parfaitement la noblesse française dans ces siècles agités, pleins de tumulte et de souffrance. »

Cyprien Pérathon (1824-1907)

 

 « La maison de Brosse se distingue par tout ce qui caractérise les grandes races. Elle appartient à l'histoire de France. »

Henri de Lavillatte 

  

La famille de Brosse est l'une des plus anciennes et des plus puissantes du Bas-Berry. Elle fait remonter son origine « au temps que feu monseigneur de Saint Martial de Lymoges vint en Lymosin pour prêcher la foi catholique. » Elle descend de Faucher, vicomte de Limoges en 881.

Gaspard Thaumas de La Thaumassière, op. cit., Livre VIII, p. 650sq.

 

 

Les vicomtes de Brosse, issus de Rothilde de Brosse mariée à Géraud, vicomte de Limoges (v.900-v.986), ont leur résidence au château de Boussac, près de Saint-Benoît-du-Sault, dans l'Indre.

 

Vicomtes de BROSSE

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_vicomtes_de_Brosse

 

Christian Remy, « L’ancrage territorial de l’aristocratie limousine (XIe-XVIe siècles) : quelques réflexions », Siècles, n° 38, 2013.

https://siecles.revues.org/2322

 

Géraud. (Enfants : Bernard, Guillaume, Foulques, Garnier, Gui, Bernard)

Bernard Ier, fils de Géraud de Brosse. (Enfants : Bernard, Berard)

Bernard II (1105-1168), fils de Géraud de Brosse et d'Agnès de Livéras. (Enfant : Bertrand)

Bertrand (1130-1176), fils de Bernard II et de Philiberte de la Pastoresse. (Enfant : Bernard)

Bernard III (1172-1222), fils de Bertrand et d'Adelmodis d'Angoulême. (Enfants : Hugues, Guillaume (archevêque de Sens), Aliénore)

Hugues Ier (1210-1274), fils de Bernard III et d'Aumur de Thouars. (Enfants : Hugues II, Roger : seigneur de Boussac)

 

 

(Ici commence la famille de Brosse, de Boussac)

 

 

Roger de Brosse, vicomte de Brosse, seigneur de Sainte-Sévère, de Boussac et d’Huriel, est le fondateur de cette branche des de Brosse. Il prend part à la première croisade de Saint-Louis. Il meurt en 1287 et est enterré dans l'abbaye de Pré-Benoît. Ses armoiries sont placées dans la cinquième salle des Croisades, à Versailles.

Selon de la Thaumassière, la seigneurie de Boussac est alors érigée en vicomté.

 

Hugues IIde Brosse (1236-1297), fils de Hugues Ier et de Guiburge Palesteau de Saint-Sévère. (Enfants : Jean, Hélie, Aliénore)

 

Jean de Brosse (1265- ), fils de Hugues II et d'Isabelle de Déols. (Enfant : Jeanne). À sa mort, la lignée des vicomtes de Brosse se poursuit avec les descendants de Roger, seigneur de Boussac.

 

Pierre Ier de Brosse (1274-1305 ou 1315), vicomte de Boussac et d'Huriel, fils aîné de Roger de Brosse et de Marguerite de Déols. Il est inhumé dans la petite collégiale d'Huriel où la famille de Brosse fait installer un tombeau familial, amorce d’une nécropole dynastique. En 1303, il épouse Blanche de Sancerre dont il a trois enfants : Louis, Pierre.

 

En 1313, le titre de vicomte de Brosse passe dans la famille de Chauvigny à la suite du mariage de Jeanne, fille unique de Jean de Brosse, dernier vicomte du nom, avec André II de Chauvigny.

 

Louis Ier de Brosse (1304-1356) : fils de Pierre Ier et de Blanche de Sancerre.

Il se marie deux fois : avec Jeanne de Saint-Verain puis avec Constance de La Tour d'Auvergne.

Il fait battre monnaie en se soumettant à l'ordonnance de 1320. Il résigna ce droit en 1330.

Il sert en "Xaintonge" contre les Anglais en 1338, et est tué à la bataille de Poitiers, en 1356. Dans son testament, il « veut, ordonne et établit » à Boussac un hôpital de douze lits pour recevoir les pauvres. Enfants : Marguerite, Blanche, Louis, Pierre, Isabelle, Jeanne.

Ses deux fils lui succèderont, d'abord Louis II, puis Pierre II.

 

Louis II de Brosse possède d'abord en commun avec son frère Pierre la succession de leur père. En 1387, le partage définitif se fait : Louis garde Sainte-Sévère, Boussac et la Pérouse ; Pierre, Huriel, les Landes et les diverses rentes. Il épouse Marie de Harcourt. Il suit le duc de Bourbon lors de la croisade en Barbarie et meurt au retour le 8 octobre 1390, sans enfants. Son frère Pierre hérite de tous ses biens.

 

Pierre IIde Brosse (1345-1422). Il épouse Marguerite de Malval en 1374. (Enfants : Jean, Antoinette, Blanche, Catherine)

 

Jean Ier de Brosse, appelé le Maréchal de Boussac : seigneur de Boussac, de Sainte-Sévère, d'Huriel et de La Peyrouse, maréchal de France, conseiller et chambellan du roi, naît en 1375 au château d’Huriel qui appartient à son père Pierre II.

 

A sa naissance, la Guerre de Cent Ans est commencée depuis près de quarante ans. En 1415, à 40 ans, il quitte le château d’Huriel pour celui de Boussac. Il épouse le 20 août 1419 Jeanne de Naillac, vicomtesse de Bridiers, dame de la Motte-Jolivet. Avec son cousin Louis de Culant, il est des guerres des premières années du règne de Charles VII dont il devient le chambellan. Il sert le roi avec courage et fidélité, lutte contre la déplorable influence de ses favoris et contribue beaucoup au salut de l'État. Le 16 mai 1423, Charles VII le charge d’assurer sa sécurité personnelle. Le 14 juillet 1426, à 51 ans, il est promu Maréchal de France.

 

"La soumission n'était pas la principale vertu de ces hardis chevaliers du XVe siècle, toujours prêts à donner leur sang mais incapables de modérer leur indomptable naturel. Souvent ils imposeront leurs volontés au roi, dont le pouvoir n'était plus reconnu que dans quelques provinces en deçà de la Loire. » Souvent le roi dut se défaire de ministres qui avaient cessé de plaire à ses capitaines. Camus de Baulieu, en 1426, dans l'antichambre même du roi et presque en sa présence, succomba sous les coups « du terrible Jean de Brosse ». Pour le remercier de son désintéressement et de sa générosité, le roi, par lettres données à Meaux-sur-Eure le 14 juillet 1426, lui donna le titre de Maréchal de France.

 

Chargé avec Louis de Culant, Jacques de Chabannes, Dunois de conduire Jeanne d'Arc à Orléans, il entre dans la ville et contribue à chasser les Anglais qui l'entourent. Il se trouve le 12 février 1429 à la journée des Harengs où le défaut d'union cause un échec français. Il combat avec la Pucelle dans l'assaut de la bastille des Augustins. Il prend part au siège de Beaugency, à la bataille de Patay où il bat l'armée envoyée par le duc de Bedford, le 18 juin 1429. Il est un des principaux seigneurs qui assistent au sacre de Charles VII le 17 juillet 1429. En 1430, devant Compiègne entouré par les Anglais et les Bourguignons, il fait preuve de sa bravoure et de sa science de la guerre. Le 24 mai 1430, Jeanne d’Arc et faite prisonnière à Compiègne par Jean de Luxembourg, puis vendue aux Bourguignons pour 10 000 livres et livrée aux Anglais pour la même somme. Jean de Brosse demande de l’aide au roi pour la sauver, mais en vain. Il se ruine alors pour lever une armée, libère Compiègne avec Xaintrailles et Lahire avec une armée de 2 000 soldats. Puis il bat le duc de Bourgogne, créant ainsi la rupture entre les Bourguignons et les Anglais. Il désire délivrer Rouen mais échoue dans cette tentative et regagne Boussac où son épouse vient de mourir en mettant au monde à leur fille Blanche.

Charles VII, par lettres données à Jargeau le 11 novembre et le 18 décembre 1430, le récompense en le faisant « son lieutenant sur le fait de la guerre aux pays de Champagne, et lui donne pouvoir d'armer ses baillys, nobles, vassaux et sujets, de réduire les villes dans son obéissance, tant par la force que par voyes de composition de faire punir, remettre, pardonner et abolir les crimes de rébellion et désobéissance" (La Thaumassière).

Il meurt pauvre à 58 ans en juin 1433 à Boussac dont il a fait reconstruire le château démantelé par une troupe d'Anglais au XIIIe siècle.

Au service du roi, il a sans compter, consacrer toute sa fortune et sa vie. Il vend sa vaisselle d'argent et ses joyaux ; emprunté des sommes d'argent. Il est, de son vivant, excommunié sur la demande de ses créanciers. Son fils doit emprunter 1000 écus d'or à un bourgeois de Bourges pour acquitter ses dettes et faire lever l'excommunication.

Il demande à être enterré au monastère de Pré-Benoît, près du bourg de Bétête, en Creuse.

Ses enfants :

Jean II de Brosse, marié le 18 juin 1437 avec Nicole de Châtillon.

Marguerite, mariée avec Germain de Vivonne, seigneur d'Anville.

Blanche, mariée avec Jean de Roye, seigneur de Muret.

 

En 1427, un évènement va marquer la vie des habitants de Boussac : une charte d'affranchissement leur est accordée par Jean de Brosse. Depuis longtemps, un mouvement en faveur de l'émancipation des populations et l'établissement des communes est né dans le bas Berry. Au XIIIe siècle, La Courtine (en 1224), Chénerailles et La Borne (en 1265) Ahun (en 1268), Clairavaux(en 1270), Felletin (en 1300), Aubusson (en 1321), Evaux (en 1385),  Guéret (en 1406) ont obtenu leur charte. Mais la faible importance de Boussac a permis aux seigneurs d'arrêter l'essor des libertés municipales.

 

Jean de Brosse, criblé de dettes, et désireux d’augmenter la population du bourg de Boussac, octroie, aux habitants et à tous ceux qui viendraient s’y installer, une charte de franchise et le droit de "bourgeoisie", contre 1000 écus d'or et une redevance annuelle d'un boisseau de blé par habitant.

La charte est signée et scellée du grand sceau le 15 septembre 1427.

 

 

Louis Duval publie le texte de cette charte dans « Chartes communales et franchises du département de la Creuse », Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, tome 04, 1881.

En voici les passages importants :

 

« C'est assavoir que nous avons voulu et voulons par exprez que tous hommes et femmes que par le tems advenir de nouvel viendront faire résidence en notreditte ville de Boussac, et dedans les fins et mettes de Boussac et laditte paroisse de Boussac, sans suitte d'aucun seigneur, de nous ou d'autres nos vassaux, ou autrement, emprest qu'il y aura demeuré an et jour, qu'ils soient et demeurent, tant qU'il sera demeurant et faisant son habitation en laditte ville et mettes d'icelle et de laditte paroisse de Boussac, franchs de franche condition et orine, et de toutes libertés et franchise joüissent et leurs enfants et postérité descendans d'eux et qui en descendront et jusques en infiny tant qu'ils seront demeurans et résidans dedans notreditte ville et fins et mettes d'icelle, qu'ilsusent et joüissent de toute liberté et franchise, et tous droits de gens franches et de franche condition et orine usent et ont accoutumé de joüir et user, et s'appellent et soient nonmés,à cause et pour raison de laditte demeurance, liberté et franchise, bourgeois de notreditte ville de Boussac.

A cause de laquelle bourgeoisie et franchise, seront tenus chacunes desdittes personnes, emprest qu'il y aura demeuré an et jour, de nous payer, es notres et ayant cause de nous, chacun an, à chacune fête de Toussaints, des un septier de froment jusques à une quarte, par devoir de bourgeoisie. C'est assavoir le plus puissant et riche, un septier de froment, et le plus pauvre, une quarte ; et les moyens qui ne seront en valeur de payer le septier de froment, trois quartes, ou environ selon leurs facultés ; et lequel impôt sera fait chacun an par notre prévôt ou autre nostre officier, appelé avec luy les quatre consuls de laditte ville, qui seront faits et demeureront comme cy anprez sera dit et touché […]

Item, et esdits bourgeois avons octroyé et octroyons avoir entre eux doresnavant consulat, et qu'ils se puissent assembler sans danger, pour déterminer entre eux, consulter et conclure des affaires touchant leur commun et leur ditte bourgeoisie et franchise : et pour lesdites choses traitter et conduire, que chacun an ou de deux ans, ils élisent quatre preu-d'hommes desdits bourgeois de ladite ville, qui se appelleront les quatre consulz de ladicte ville lesquels auront puissance de conduire et déterminer le fait desdits bourgeois de leursdittes communoté et affaires de laditte ville et bourgeoisie et lesquels quatre preu-d'homme élus pour consuls, à chacune fois qu'élus seront, ils seront présentés à nostre prévôt dudit Boussac ou à nostre bailly, pardevant lequel ils feront serment exprez de bien et loyaument gouverner le fait du commun et communoté  des dits bourgeois et du petit comme du grand ; et qu'ils ne feront ne pourchasseront dépense ne mission qui ne soit raisonnable, juste, ou pour le bien du commun et bourgeois dessudits ; qu'ils ne chargeront le pauvre pour décharger le riche, ny le riche pour décharger le pauvre […] qu'ils seront vrais obeïssans à nous et nos officiers, qu'ils rendront bon compte et reliquat au bout de leur terme de toute leur administration ... "

 

Cette charte est confirmée par lettre de Charles VII donnée à Bourges.

 

« Nous plaise ledit affranchissement et manumission, ensemble les autres privilèges dessusdiz, ainsi à eulx donnez et octroiez, confermer et avoir agréables […]

Nous, iceulx affranchissement, manumission et autres privilèges dessus inserez, et tous les poins et articles en iceulx contenuz par ledit mareschal ainsi donnez ausdiz supplians habitans de ladicte ville et paroisse de Boussac, avons confirmez, approuvez et ratiffiez, confermons, approuvons et ratiffions de grâce especial, plaine puissance et auctorité royal, par ces presentes […] moyennant la somme de sept escuz d'or, à laquelle ilz ont pour ce composé de nostre gré et consentement. »

 

A la mort du maréchal en 1433, son fils aîné Jean II, mineur, est âgé de dix ans. Jean Ier étant mort veuf, la tutelle est disputée pendant environ dix années entre sa grand-mère Marguerite de Malval et son cousin Louis de Culant, amiral de France. Marguerite prend le gouvernement des enfants de son fils et ne songe qu'à s'enrichir en vendant les meubles. Elle pense même à « vendre » la fiancée de son petit-fils pour 6 000 écus d'or. Louis de Culant vient au secours de la jeune fille prisonnière au château. Il assiège le château, pille la ville pour reprendre Nicole de Blois. Un procès arrête les luttes : Louis de Culant doit répondre de ses excès et Jean II peut épouser sa fiancée le 18 juin 1437.

 

Marc Michon, "Jean de Brosse, maréchal de Boussac", Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse (série d'articles : tome XXXI, 1950-51, tome XXXII, 1954-56). Cet ouvrage a beaucoup inspiré la biographie de Jean de Brosse ci-dessous :

 

Robert Guinot, Jean de Brosse : Maréchal de France et compagnon de Jeanne d'Arc : 1375-1433, Paris, Guénégaud, 2000.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Brosse

 

http://jean-claude.colrat.pagesperso-orange.fr/1brosse.htm

 

http://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=jean&n=de+brosse

 

 

Jean II de Brosse (vers 1423-6 août 1482)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_II_de_Brosse

 

En 1438, Boussac, Chabannes et d'autres capitaines ravagent avec 600 chevaux la Picardie, le Hainaut et le Cambrésis. Jean II de Brosse est le chef de cette bande appelée "les écorcheurs". Ils vont jusqu' aux portes de Bâle d'où ils sont chassés par les Allemands. Ils reviennent en Auvergne où le roi les ramène à l'ordre et à la justice. Jean II devient alors un grand défenseur de la France. Le 26 avril 1449, Charles VII le fait son chambellan et conseiller d'État pour ses services.

Il assiste à la journée de Formigny en 1450 et accompagne Artus de Bretagne, connétable de France, à toutes les conquêtes de Normandie.

En 1450, il suit le Bâtard d'Orléans en Guyenne et est fait chevalier à Bayonne le 21 août 1451. Il devient lieutenant général de l'armée du roi en 1452.

Dans la guerre du Bien-Public, il prend le parti du roi Louis XI et pour ce fait, se voit saisir par le duc de Bretagne son comté de Penthièvre et les terres de Bretagne qu'ils tenaient de son épouse, Nicole de Blois, vicomtesse de Limoges et comtesse de Penthièvre, fille unique de Charles de Châtillon et de Bretagne, baron d'Avaugour et d’Isabeau de Vivonne. Ne pouvant les récupérer, il lègue au roi ses droits sur ses terres perdues.

Marié le 18 juin 1437 avec Nicole de Châtillon (ou de Blois), âgée de 13 ans, comtesse de Penthièvre de 1454 à 1479. Ils ont 6 enfants :

   - Jean III

  -  Antoine, Antoine, fondateur de la branche de Crot et de Malleval, marié en 1502 avec Jeanne de La Praye.

  -  Pauline, mariée le 30 août 1471, au château de Boussac, avec Jean de Bourgogne, duc de Brabant.

   - Claudine, mariée le 11 novembre 1485, à Moulins, avec Philippe II sans terre, duc de Savoie.

   - Bernarde, mariée le 6 janvier 1474 avec Guillaume VIII de Montferrat, marquis de Montferrat.

  -  Hélène, mariée en 1483 avec Boniface III de Montferrat, marquis de Monferrat.

 

Nicole de Châtillon, née vers 1424, décédée après le 3 janvier 1480, fille de Charles de Châtillon, seigneur d'Avaugour, et d'Isabeau de Vivonne, vicomtesse de Limoges, comtesse de Penthièvre de 1454 à 1479. Elle succède à son oncle Jean de Châtillon dit Jean de L'Aigle en 1454. Elle recueille la succession de ses deux oncles, morts sans lignée, mais Jean de L'Aigle fait son testament en faveur de son frère, Guillaume de Châtillon-Blois, pour la vicomté de Limoges. Elle vend le 3 janvier 1480 pour 50 000 livres, ses droits sur la Bretagne à Louis XI.

 

 Le tombeau de la famille de Brosse

http://hurielnet.fr/doc_toque2.php

 

 

Comtes de PENTHIÈVRE

 

Après le mariage de Jean II de Brosse avec Nicole de Penthièvre, les seigneurs de Brosse prennent de titre de comtes de Penthièvre.

 

Jean IIIde Brosse, dit de Bretagne, comte de Penthièvre, seigneur de Boussac et vicomte de Bridiers.

Le premier, il prend le nom et les armes de Bretagne, usage que poursuivent ses descendants. Comme son père, il recherche inutilement la restitution de ses terres de Bretagne. Il épouse le 15 mai 1468 Louise de Laval,  fille de Guy XIV, comte de Laval et d’Isabeau de Dreux (1411-1442, dite de Bretagne, reine de Sicile, fille de Jean, comte de Montfort-l'Amaury et Jeanne de Valois. Elle épouse Louis III d'Anjou, roi de Naples, Jérusalem et Aragon en 1424, puis Guy XIV, comte de Laval, en 1430). Jean et Louise ont cinq enfants :

- René

- Madeleine, mariée en 1488 avec Janus de Savoie, comte de Faucigny et de Genève, puis  vers 1492 avec François de Dreux, comte de Vertus.

- François.

- Isabeau, mariée avec Jean, seigneur de Rieux.

- Catherine, mariée en 1500 avec Jean du Pont, baron de Pont-L'Abbé.

- Marguerite.

Il meurt en 1502 et est enterré à Boussac.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_III_de_Brosse

 

L'histoire d'amour entre Jean et Louise est évoquée dans le livre d'image Histoire d'amour sans paroles, conservé au musée Condé (ms.388).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%27amour_sans_paroles

 

René de Brosse (vers 1470-1525)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_de_Brosse

Il revendique lui aussi le duché de Bretagne et la restitution de ses terres bretonnes, mais ni Louis XI, ni Louis XII, ni François Ier ne lui donnent satisfaction. Il décide alors de suivre le Connétable de Bourbon en Italie et entre au service de Charles Quint. Condamné à mort par contumace comme coupable de félonie et impliqué dans le procès du Connétable, tous ses biens sont confisqués. Il est tué à la bataille de Pavie le 24 février 1525.

Il se marie trois fois :

. le 13 août 1504 avec Jeanne de La Clyte de Commynes (décédée le 16 février 1512), fille et unique héritière de Philippe de Commynes, seigneur de Renescure, d'Argenton, des Sables d'Olonne et de Berrie en Loudunais, prince de Talmont en Poitou, seigneur des Mothes-Coupoux, et d'Hélène de Chambes-Montsoreau. Leurs enfants :

- Jean IV.

- François.

- Charlotte, mariée en 1526 avec François II de Luxembourg, vicomte de Martigues.

- Jeanne, mariée le 11 mars 1531 avec René de Montmorency alias de Laval, seigneur de Bressuire.

 

. vers 1515 avec Jeanne de Compeys de Gruffy, dame de Palluau. (Enfant : Françoise mariée le 13 décembre 1545, au château du Louvre, avec Claude Gouffier, duc de Roannais).

 

. en 1516 avec Françoise la jeune de Maillé, dame de Rillé.

 

 Jean IV de Brosse, dit de Bretagne (1505-1564), comte de Penthièvre, duc d'Étampes, de Chevreuse,  gouverneur du Bourbonnais, puis de Bretagne.

Il est fait chevalier de l'ordre du roi en 1550. Pour retrouver les terres perdues par son père, il épouse en 1536 la maîtresse de François Ier qui cherche à la marier, Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes. « Mais, écrit un chroniqueur, ces terres lui venaient d'une source empoisonnée, dans laquelle il n'osait se mirer. »

Mort sans postérité, il est enterré dans l'église des Cordeliers à Guingamp au tombeau de ses prédécesseurs.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_IV_de_Brosse

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_de_Pisseleu

 

http://www.infobretagne.com/guingamp-cordeliers.htm

 

Ses biens vont à sa sœur Charlotte de Brosse (vers 1506-1540), dite de Bretagne, mariée en 1526 à François II de Luxembourg-Martigues (vers 1492-1533), vicomte de Martigues, seigneur d'Evian, de Festerne, de La Tour de Peilz, de Monthey et de Vevey et gouverneur général du duché de Savoie en 1534. Son frère Charles et lui-même sont faits prisonniers à la bataille de Thérouanne en 1553. Ils ont cinq enfants :

- Charles de Luxembourg, vicomte de Martigues (1527-1553), qui épousera Claude Gouffier en 1545 et Claude de Foix, vicomtesse de Lautrec, veuve de Guy XVII de Laval, en 1548. Lors  de ce mariage, les galeries du château s’effondrent et nombre de personnes périssent.

- Sébastien, comte de Penthièvre,dit le chevalier sans peur.

- Philippe (vers 1533).

- Philippa, mademoiselle de Martigues (vers 1535-1549),.

- Madeleine, (vers 1540-1582), mariée le 13 novembre 1563 avec Georges de La Trémoïlle, baron de Royan.

 

 

Famille de LUXEMBOURG

(1552-1616)

 

 

Sébastien de Luxembourg (né en 1527, tué le 19 novembre 1569 au siège de Saint-Jean d'Angély) lui succède et son frère Charles, vicomte de Martigues, hérite des terres des de Brosse. Il meurt au siège d'Hesdin en 1553, sans enfants.

https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9bastien_de_Luxembourg-Martigues

 

Marie de Luxembourg (1562-1623), sa nièce, duchesse d'Etampes, recueille tous les biens de la branche aînée. Elle épouse en 1579, OPhilippe-Emmanuel de Lorraine (1558-1602, duc de Mercœur, marquis de Nomeny,baron d'Ancenis, gouverneur de Bretagne). Les terres de Boussac appartiennent alors à la maison de Lorraine.

Elles sont achetées par Louise de Vaudemont, dite de Lorraine (1553-1601), sœur du duc de Mercœur, veuve d’Henri III (reine de France de 1575 à 1589). A sa mort, le duc de Mercœur les récupère.

 

En 1602, à la mort du duc, sa fille unique Françoise de Lorraine (1592-1669), duchesse de Vendôme et de Penthièvre, mariée à César de Vendôme (fils « illégitime » d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrée), en hérite.

 

En 1640, la baronnie de Boussac est échangée contre la terre de la Ville-aux-Clercs à Henri-Auguste de Loménie (1595-1666), secrétaire d'État, qui la vend en 1649 à Jean de Rilhac (comte de Saint-Paul, originaire d'Auvergne, marié avec Catherine-Magdeleine de Grilleet de Brissac).

 

 

Famille de RILHAC

(1649 - 1730)

 

Armes de la famille De Rilhac
Palé d'argent et de gueules de sept pièces

 

Jean de Rilhac prend le titre de marquis de Boussac et épouse Henriette-Madeleine des Grillets de Brissac : ils ont un fils, François. A la mort de Jean en 1652, sa veuve épouse Godefroy de La Roche-Aymon, veuf de Françoise d'Aubusson de Beauregard. Ceux-ci ont eu un seul enfant, une fille, Jeanne-Armande.

 

François de Rilhac, baron de Boussac, épouse Jeanne-Armande de La Roche-Aymon. Ils ont des filles, Louise et Françoise mariée à Laurent de La Rochebernard en 1678, et un fils, Albert.

 

 

Baronnie de BOUSSAC

 

La baronnie comprend alors 27 communes et plus de 60 fiefs. Selon un document du XVIIIe siècle, la baronnie de Boussac s’étend sur les paroissses de Bétête, Boussac, Bussière-Saint-Georges, Champeix, Domeyrot, Gouzounniat, Lavaufranche, Leyrat, Malleret-Boussac, Nouzerines, Parsac, Nouziers, Saint-Marien, Saint-Martial, Saint-Pierre-le-Bost, Saint-Silvain-Bas-le-Roc, Saint-Silvain-sous-Toulx et Toulx-Sainte-Croix.

 

 

Albert de Rilhac, comte de Saint Paul et baron de Boussac, lieutenant-colonel du régiment Royal-Roussillon-cavalerie, épouse en 1711 Charlotte Françoise Antoinette de Coustain de Manadou (Coustin du Masnadaud) (fille de la comtesse d'Oradour) : ils ont une fille, Françoise-Armande. Puis en secondes noces, en 1719, Madeleine du Ligondès. Il décède au château en 1729.

 

Françoise-Armande de Rilhac, baronne de Boussac et comtesse de Saint-Paul, épouse en 1730 Jean-Baptiste de Carbonnières, fils aîné de Melchior de Carbonnières, comte de Saint Brice en Limousin, seigneur de Chambéry, et de Françoise de la Bréville de Chantrezac. Ils ont quatre filles et cinq fils dont Charles-Henri et Jean-Charles.

La baronnie de Boussac entre dans la famille de Carbonnières, vieille maison du Limousin.

  

 

Famille de CARBONNIÈRES

(1730 – 1837) 

 

Armes de la famille De Carbonnières
D'azur à trois bandes d'argent
chargées de sept charbons ardents de gueules

 

 

« La famille de Carbonnières arrive à Boussac en 1730 et y reste jusqu’à la Révolution. La famille s'éteint avec Claire-Pauline de Carbonnières. On ne sait pas ce que devint son frère Paul, qui semble pourtant avoir survécu à la Révolution. »

 

Les redevances et les impôts que le seigneur a coutume de prélever sur ses vassaux, font naître de nombreuses contestations. Les Carbonnières trouvent que les impôts établis par les Boussaquins ne sont pas assez élevés. Un procès a lieu. Pour se défendre, les habitants de Boussac s'appuient sur la Charte de 1427, reconnue par le roi en 1447. La lutte dure de longues années, de 1734 à 1779.

 

Charles-Henri de Carbonnières est le dernier baron de Boussac. Il épouse en 1768 Marie-Anne du Carteron de La Perouse (fille de Marie-Anne de Saint-Julien et de Jean du Carteron de La Perouse).

Il meurt aux environs de l'an VII.

« On sait simplement que deux des enfants de Charles-Henri de Carbonnières furent considérés comme des émigrés, ayant rejoint l'armée des princes. Ce qui valut quelques ennuis à la famille durant la Révolution. Dans plusieurs documents, Charles-Henri de Carbonnières met en avant la majorité de ses fils pour se défausser de la responsabilité de leur engagement. Deux de ses autres enfants, Paul et Claire-Pauline vivent la Révolution auprès de leurs parents et son emprisonnés avec eux », par arrêté du 8 frimaire de l'An II.

 

 Ses fils : Henri Auguste Edmé, Gilbert-Alexandre et Jean-Charles.

 « Né en 1736 à Boussac, Jean-Charles de Carbonnières serait, au moment de la Révolution, prêtre du diocèse de Limoges, et chanoine d’une collégiale de ce diocèse. Il est parfois dit chanoine de Paris. Il ne prêta pas serment à la Constitution Civile du Clergé, et ne se croyait pas compris dans le nombre des prêtres exilés pour refus de serment, il resta donc à Boussac où il s'était retiré. Il fut arrêté en 1793 et, après avoir comparu devant le tribunal de Paris, il fut emprisonné au Luxembourg. Dans Martyrs et confesseurs de la foi du diocèse de Limoges pendant la Révolution française, l'abbé Leclerc suggère qu'il fut victime de la conspiration des prisons. La sentence fut rendue le 21 messidor an II (9 juillet 1794) et fut exécuté le même jour. Son frère, Gilbert-Alexandre, qui était vicaire général de l'Evêché de Blois, fut guillotiné en même temps. Henri Auguste Edmé de Carbonnières, quant à lui, est décédé le 9 mai 1792. »

 

La nuit du 4 août 1789 abolit la féodalité, les justices seigneuriales, les privilèges nobiliaires, etc. Ainsi finit la seigneurie de Boussac. A partir de ce moment, l'histoire du château se confond avec celle de la ville.

 

Fin 1793 : arrestation de tous les membres de la famille de Carbonnières.

Charles-Henri, chef de la famille, en tant que suspect et père d'émigrés :  sera  finalement élargi ; son épouse, Marie-Anne du Carteron ; ses deux enfants, Armand (20 ans) et Claire-Pauline (19 ans) libérés tous deux en mars 1794 ; sa sœur, Madeleine-Paule, dite Mademoiselle de Saint-Brice, marquise de Rânes ; ses deux frères, René-Henri, prêtre réfractaire déjà détenu à Boussac, et Jean-Charles, vicomte de Carbonnières : incarcérés à la prison du Luxembourg, condamnés et exécutés le 9 juillet 1794.

 

Claire-Pauline de Carbonnières épouse Henri-Armand de Ribeyreys. Elle vend le château et ses dépendances à la ville de Boussac le 30 octobre 1837 pour la somme de 22 500 francs. Leur fille, Marie-Adélaïde (1797-1843) meurt sans enfant.

 

La ville de BOUSSAC revend le château au département de la Creuse, le 30 décembre 1924 pour 130 000 francs : les frais d'entretien sont trop élevés pour la ville.

 

Mme et M. BLONDEAU achètent le château en 1965, afin de l'habiter, le restaurer et le présenter au public.

 

 

Bibliographie

 

Nathalie Débrosse, Les Seigneurs de Boussac au XVe siècle, éditions Alice Lyner, 2010.

  

Archives départementales de la Creuse, Série E, fonds des seigneuries et des familles, fonds seigneuries, 1 E, Fonds de Boussac. Etabli par Ludivine PONTE, stagiaire et Gabriel POISSON, publié sous la direction de Gabriel POISSON, conservateur du patrimoine, Directeur des Archives départementales de la Creuse. Guéret, 2012 :http://archives.creuse.fr/arkotheque/client/ad_creuse/_depot_arko/articles/661/fichier-1-e_doc.pdf

 

Historique du château

 

 

« C’est à la nuit des temps qu’il faut en demander le secret. »

Henri de Lavillatte

 

« Il y a un fort château qui joint la ville, bâti sur un rocher presqu’inaccessible, d’hauteur de plus de quarante piques, entre la rivière de Petite Creuse et celle du Veyton. […]

Le château, comme un nid d’aigle, élevé sur un rocher escarpé, passait pour imprenable. Il était si vaste qu’il pourrait loger le roi et sa cour. »

Gaspard Thaumas de la Thaumassière, Histoire du Berry, 1680.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1231439

 

 

 

C'est vers 1000 que les seigneurs de Déols entreprennent la conquête de la marche du Berry proche du Limousin. On ne sait exactement à quelle époque est bâti le château primitif, sans doute dans la première moitié du XIe siècle. On suppose qu'il existe en 1058 lorsque Raoul IV de Déols, dit l'Enfant, meurt à Boussac, où probablement il est né 25 ou 30 ans avant vers 1030.

Emile Chénon écrit que « c'est à cette emprise des seigneurs de Déols qu'il convient d'attribuer le rattachement au Berry de cette portion de la Marche limousine qui devait s'appeler plus tard le Boussacois. »

C'est seulement entre 1110 et 1125, que le Castrum de Buciac est mentionné pour la première fois (cartulaire d'Aureil) mais la châtellenie est mentionnée en 1102 et la chapelle castrale en 1095.

Au XIe, le château était constitué « d’un donjon entouré d'une courtine crénelée. C’était une énorme tour rectangulaire d'environ vingt mètres de long sur seize mètres de large à murs très épais, renforce de contre- forts ». (Georges Janicaud, « Le château de Boussac », Mémoires des sociétés des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse,  t. 25, décembre 1931, p. 103-122.). Place forte, ce château n'est pas confortable.

http://www.ssnah23.org/contributeurs.php?auteur=127 

 

 

 

 

Le château domine le confluent du Béroux (autrefois appelé Véron) et de la Petite Creuse.

 

 

Les seigneurs de Boussac, riches et puissants, le transforment afin de le rendre plus agréable à habiter.

« On peut affirmer que, vers la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe, un bâtiment flanqué de tours carrées et rondes fut construit au sud du donjon. »  (G. Janicaud)

Après la bataille de Poitiers, les Anglais prennent et démantèlent le château. L'œuvre de restauration et d'agrandissement revient vers 1420-1430 au maréchal de Boussac. Jean Ier fait reconstruire le château et ajoute la tour d'escalier ronde et le corps de logis principal qui s'étend entre les deux remparts en pierre du toit.

Jean II, endetté, entreprend peu de chose. Son fils, Jean III, vers la fin du XVe, répare les dommages causés par le siège de Louis de Culant. Il ajoute un pavillon à l'ouest, fait construire la tour d'escalier polygonale, les lucarnes flamboyantes et fait embellir l'intérieur et l'extérieur. Peut-être est-ce lui qui, vers 1500, ajoute le dernier pavillon ouest.

« Le château de Boussac avait atteint au XVIe siècle, son maximum de développement. Depuis, on n'y a rien ajouté, on n'a fait que modifier et détruire. » (G. Janicaud)

L'emploi de l'artillerie et l'affaiblissement du régime féodal firent détruire les constructions de défense.

 

Jean Chaumeau dans son Histoire de Berry  (Lyon, Antoine Gryphe, 1566) écrit : « la dernière ville de Berry, les païsans et rustiques l'appellent par équivoque le bout du sac. Elle est bien close et fermée de murailles, tours et fossés. Mais le chasteau est de bien plus grande apparence et représentation de forteresse, car il est scitué et assiz sur un puissant rocher entre deux rivières ... »

https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl= fr&id=UkFAYlloU9wC&q=boussac#v=onepage &q=boussac&f=false

 

Nicolas de Nicolay dans sa Description generalle du païs et duché de Berry et diocèse de Bourges de 1567 note dans le chapitre XLV : « De la ville et chastellenie de Boussac », p. 83-85 :

« La Ville, Chasteau et Chastellenie de Boussac, appertenant à Madame Jehanne de Bretaigne, Dame dudict Boussac, Bressuyre, Le Vivier, les Landes Marcilly, et Villentroys, et Dame d'honneur de la Royne, est petite ville sistuée sur la Creuze, sur les frontières de la Marche au pays et duché de Berry. La ville contenant 80 feux, fermée partie d'icelle de murailles et fossez et partie de la rivière de Creuze, qui luy passe au pied. Au milieu est l'Eglise Parochialle prez une grande place, et hors la ville deux petites chapelles et un Hostel Dieu. Le Chasteau et place forte dudict Boussac qui est grand et spatieux, et situé sur un hault rocher, et basti sur les deux rivières de la petite Creuze et de Boyron, environné du costé de la ville de profondz fossez, avec un pont dormant et pont leviz, et entre ledict chasteau et la ville est la basse court en laquelle sont les escuieryes, granges et greniers. Et au dessoubs dudict chastel des beaulx molins, banniers à froment et seigle de grand valeur, et tout auprès, à un ject d'arc, un bois de haulte fustaye, lesdidz molins entredeux. 

En la terre et chastellenie de Boussac y a vingt et deux paroisses lesquelles, par première instance, ressortissent pardevant le Bailly dudict Boussac, reservé les justices d'icelles, qui ne ressortissent que par appel par devant ledict Bailly de Boussac, auquel lieu ladicte Dame a haulte, moyenne et basse justice, pour l'exercice de laquelle elle a Bailly, Lieutenant, Procureur fiscal, Reupueur, et Grenetier, qui ont gaiges de ladicte Dame. Et s'y a Greffier, Prevost, Sergens, Garde des bois et forestz, et aultres gardes pour les forestz et pour le bestail, Notaires, et Seel aux contracts.

Les six justices qui ressortissent par appel pardevant le Bailly dudict Boussac, sont Villebouche Juppille Gauldeix, la Vaulx franche, Pradeaux, et Betestes. C'est à scavoir :

La Justice et chasteau fort dudict Villebouche qui se prend, partie en la paroisse de Leyract et de Treignac, estant ledict Villebouche en la paroisse de Treignac, laquelle est de Bourbonnoys. »

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35159q.image.f1.pagination

 

 

 

Topographie de l’éditeur Kaspar Merian

Boussac vers 1600
gravure de Claude Chastillon (v.1560 - 1616)
(architecte, ingénieur et topographe du roi Henri IV)
extraite de l'édition posthume de sa Topographie française parue en 1641
et reprise par Matthäus Merian l'Ancien (1593-1650)
dans sa Topographiae Galliae (Francfort, 1656)http://www.bn-limousin.fr/archive/files/6a90c387a634427a7afdb54e78ad7cef.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Chastillon

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1981_num_139_3_5998

http://data.bnf.fr/15303883/claude_de_chastillon/#rdt310-15303883

Description matérielle : 1 vue en perspective : 11,5 x 31,5 cm, sur feuille 17 x 36 cm, collée sur feuille 32,5 x 50 cm

Description : Note : Publié dans : "Topographia Galliae". Copie de la vue de Boussac par C. de Chastillon (1641). - Vue anciennement montée sur onglet. Tranches inférieure et latérales peintes (rouge). - Empreinte au r°. 16 ldc verticales. Fragment de fg : ornement d'écu. Dim. 44 x 75 mm. Dist. 0/109 mm.

Coordonnées géographiques : E 2°12'57" / N 46°20'57"

Échelle : non déterminable

Cartographe : Martin Zeiller (1589-1661)

Ancien possesseur : Bibliothèque royale. France (14..-1792)

Donateur : Bibliothèque royale. France (14..-1792)

Éditeur commercial : Kaspar Merian (1627-1686)

 

 

On distingue ce qui restait du château primitif du XIIIe siècle, l'énorme donjon soutenu par de larges contreforts, surmonté de la niche du guetteur et encadré par deux courtines crénelées.

On note aussi : la grosse tour à mâchicoulis (elle existe toujours, mais privée de sa toiture élancée), la chapelle avec son clocher pointu et les différents bâtiments du château.

Les mâchicoulis et les toitures pyramidales ont disparus ainsi qu'une grande partie des murailles afin de pouvoir communiquer avec la ville.

On peut voir encore sur cette gravure le système de défense de la ville.

Au nord, était l'entrée. Il fallait franchir un fossé naturel sur un pont-levis, passer sous une porte à mâchicoulis, pour pénétrer dans une première cour. Dans cette cour, se tenait, adossée à la courtine nord, une chapelle aux contreforts d'angles en forme de tours. A l'est de la petite cour, se trouvait l’immense donjon. Au sud, une seconde courtine et un fossé séparaient la première cour de la cour principale. Un pont-levis, défendu par deux tours, enjambait le fossé (Une partie d'une des tours est encore visible). Deux autres ponts levis protégeaient aussi ce fossé. A l'est de la grande cour, s'élevait la façade du château que l'on peut voir actuellement. Près d'une des tours, était le puits qui existe toujours.

 

Au XVIIIe siècle, la plupart des appartements sont modernisés, boisés. Un jardin est créé à l'ouest. A l’est, le fossé est comblé. François de Rilhac fait élever la terrasse qui conduit aujourd'hui au château.

 

La Révolution va mutiler le château. En 1793, la forteresse forme un ensemble de bâtiments en bon état, avec ses hautes tours, ses toits élancés, et tout son système de fortification. La loi du 13 pluviôse ordonne la démolition des "châteaux forts".

Le 4 frimaire an II, la Société Populaire de Lépaud signale « le danger qu'il y a à laisser subsister plus longtemps le château de Boussac ».

A la séance du 4 frimaire, il est dit « que celui de Boussac, par sa position, pourrait facilement donner un asile aux malveillants et devenir un nouveau repaire de Beaupreau ... il est important de ne pas laisser subsister une place forte où pourrait se former le noyau d'une nouvelle Vendée. »

Un décret de la Convention du 13 pluviôse an II précise les démolitions à entreprendre : le donjon, les courtines, la porte d'entrée de la façade de cour, la chapelle, le système de fortifications seront rasés, la tour ronde à l'extrémité orientale du corps du bâtiment, les deux autres tours qui sont en saillie doivent être démantelées et recouvertes en appentis.

Le conseil du district de Boussac approuve cette décision en séance du 11 messidor an II.

L'adjudication pour la démolition est faite le 22 messidor an II (10 juillet 1794). Pierre Brunet, conducteur des travaux publics, et François de Sancthorent, agent national, dressent les devis des démolitions adjugées à 8 420 livres à Jean Landant, cultivateur. Les travaux ne sont terminés qu'en 1803. Avec ce qui fut une partie de la forteresse, on comble les fossés et on surélève le sol de plus d'un mètre.

 

Les habitants de Boussac, craignant que tout le château ne soit abattu, pensent à en devenir propriétaires. Le 26 pluviôse an XIII, la ville achète pour 2 000 livres, le terrain longeant les fortifications, afin d'établir un champ de foire. Le 3 octobre 1837, la ville acquiert le château et ses dépendances.

 

Au XIXe siècle, des transformations ont été apportées pour loger la sous-préfecture et la gendarmerie.

 

L'acquisition accomplie, le conseil municipal de Boussac, veut le faire classer Monument Historique.  Mais les démarches n'aboutissent pas. Or les frais de réparation pour conserver le style sont élevés, et les modifications sommaires nuisent à l'ensemble. Le château est enfin classé Monument Historique  le 25 juillet 1930 par arrêté ministériel.

 

Description du château

 

« Il est irrégulier, capricieux et coquet dans sa simplicité. »

George Sand

 

Malgré toutes les transformations qu'il a subies, le château garde encore, dans son ensemble, le caractère des constructions fortifiées du XVe siècle, les hardis et curieux aspects du style ogival flamboyant et cette impression de force et de solidité qui commencera à disparaître dans la seconde moitié du XVe siècle.

 

Façade sur la rivière

 

 

 

« En arrivant à Boussac par la route de Clugnat, on découvre subitement le château dans son écrin. Cet édifice possède des dimensions imposantes (66 m de long pour 17 m de large et 26 m de hauteur). Il est flanqué de 7 tours, de forme et de taille différentes, 4 au sud, 2 au nord, 1 à l'est.

La façade sud, qui surplombe la Petite Creuse d'une quarantaine de mètres, est imposante et sévère, dépourvue de tout ornement. On s'étonne d'abord de son irrégularité, de ses tours carrées et rondes, grosses et petites, de l'absence de trace d'appareil de défense (sauf à la tour de l'est) et de la présence de 3 portes étroites ouvrant sur le roc.

L'irrégularité a été imposée par le rocher support […]

Cette façade du XVe siècle, construite en moellons de micaschistes ocre brun, possède des percements irréguliers avec des ouvertures anciennes de petites dimensions et des fenêtres d'inégale grandeur, ouvertes sans symétrie au XIXe siècle. Au premier étage de la tour carrée centrale on voit le balcon de la chambre qu'occupait George Sand. »

 

Extrait de l'ouvrage de la DIREN Limousin, Les sites protégés du Limousin : la Creuse, éd. Presses de l'Université de Limoges, 2002. Le site du château de Boussac, p. 79-82.

http://www.limousin.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Fiche_site_chateau_boussac_boussac_23_cle243af1.pdf

 

  

La tour située du côté de la ville apparaît de construction plus ancienne que les autres bâtiments. Seule, elle a conservé quelques mâchicoulis.

On peut remarquer la présence, au niveau des rochers, de trois ouvertures de 0,70 m de large sur 1,80 m de haut, communiquant dans le château. L’un des souterrains est en pente et on n'a pas trouvé trace de marches. La légende prétend que ces passages étaient des oubliettes. Le condamné, jeté dans la galerie inclinée, ne pouvant point se retenir, glissait, s'écrasait sur les rochers et tombait dans la rivière.

L'explication donnée par le G. Janicaud est peut-être plus vraisemblable : « Les ouvertures font penser que ce côté de la forteresse, d’accès à peu près impossible, devait être défendu par des palissades. »

 

Façade sur la cour

 On voit encore sur cette façade deux lignes de corbeaux ayant servi de supports à des galeries qui assuraient la communication à l'extérieur du château. La trace de ces galeries est toujours visible sur les murs.

Quelques-uns de ces corbeaux sont décorés de figures d'hommes et d'animaux, ce qui indiquerait qu'ils seraient antérieurs au XIIe siècle et qu'ils auraient été conservés lors de la restauration du XVe siècle.

Le nombre d'ouvertures murées, les restes de cheminées et les traces de démolition évoquent toutes les mutilations que le château a subies. Les modifications apportées donnent un ensemble anachronique.

Les portes d'entrée, de la Salle des Gardes et de la tour de la gendarmerie ; les fenêtres, de la tour octogonale et celles au-dessus de la porte de la Salle des Gardes ont conservé leur caractère primitif.

« Quant aux quatre grandes lucarnes à meneaux en noix et frontons triangulaires de la toiture, elles se rattachent, par leur décoration rapportée suivant le style flamboyant renversé et leur colonnettes dont une seule reste entière, au style gothique son déclin complet […] Fenêtres du dernier étage : « informes débris de hautes arêtes à feuilles de vigne et de chêne, riche application du style religieux flamboyant. » (Henri Aucapitaine, 1853)

Sur l'autre façade, on peut voir une lucarne identique sans rien d'ajouté.

On remarque en saillie à gauche une grosse tour ronde qui servait d’entrée aux locaux de la gendarmerie.

 

 

 

 

Porte d’entrée de la tour octogonale : « porte ogive ornée de trèfles et de feuilles de choux frisés, portant dans son triangle les armoiries des de Brosse » (Henri Aucapitaine)

 

Son grand escalier hélicoïdal conduisait aux appartements de la sous-préfecture. Cette tour est remarquable. Elle est en pierre de taille de granit fin. Le temps a détruit peu à peu une partie des fleurons qui se trouvaient à droite de l'ogive de la porte, en entrant. Postérieurement à sa construction, on a ajouté, aux moulures unies de la porte une décoration en calcaire blanc. On a aussi incrusté, dans le granit, aux ouvertures de lucarnes, des faisceaux de prismes se terminant en pyramides. Cette décoration se retrouve sur la grande cheminée de la salle des gardes.

 

 

 

 

L'écu est surmonté d'un casque partant trois "brosses".

Ce casque d'un type particulier est le bassinet (ou bacinet) à visière, reconnaissable à son mézail, c’est-à-dire la protection du visage, prolongé en pointe aigüe, usité en Europe entre 1370 et 1430. Il est nommé « bacinet à bec de moineau ou de corbeau » en France, « Pig faced bacinet » soit « bacinet à tête de cochon » en Angleterre et « Hundsgugel » soit « bacinet à tête de chien » en Allemagne.

 

 

 

Ecu aux armes mi-Bretagne, mi-de Brosse

 au fronton de la porte de la salle des Gardes

Jean III de Brosse est le premier à prendre le nom et les armes de Bretagne.

 

 

Intérieur

 

 

 

Plan du château

 

Bâtiment irrégulier, long de 66 m d’est en ouest, et d’une largeur maxima de 17 m.

Ce plan établi par le G. Janicaud montre la disposition des pièces qui est la même à tous les étages. (On pourra comparer ce plan du château à celui de la forteresse vers 1550).

 

 

  

Située au rez-de-chaussée, la Salle des Gardes est un spécimen remarquable des constructions intérieures du Moyen Age. C'est une immense salle de 18 m de long sur 9,5 m de large et d'une hauteur de 5 m. Deux ouvertures ont été pratiquées sous forme de deux fenêtres cintrées, à double meneaux qui vont jusqu'au plafond. L'une est encore garnie de deux bancs de pierre. Deux grandes cheminées à hotte décorent cette pièce. La plus monumentale date du XVe siècle. Elle est en granit taillé et en pierres. Elle a 1,20 m de profondeur et 3,20 m de largeur. Son ouverture a 2,15 m de haut, et la cheminée fait 5 m en hauteur au total. Des cordons en saillie servent de décoration. Postérieurement à sa construction, une frise en pierre calcaire a été ajoutée sur la hotte. Cette arabesque est sculptée de treize médaillons dans lesquels sont représentées des armoiries mi-partie de Brosse, mi-partie de Bretagne. (cette frise avait été recouverte de plâtre pour la sauver de la Révolution). La seconde cheminée n'a qu'1 m de profondeur sur 3 m de large. Elle est encore intacte. Une partie en forme d'écu sans signe héraldique la décore.

 

Dans cette salle des Gardes, une porte située à gauche en entrant donne sur une cave ; au fond à gauche, est une pièce voutée en plein cintre, éclairée par une meurtrière et par une petite croisée grillée ; au fond à droite, s'ouvre une petite chambre à voûte ogivale.

A l'ouest de la salle des Gardes, se trouve une immense cuisine, avec une grande fenêtre à meneaux en croix. Une cheminée est encastrée dans le mur, sans saillie.

Au premier étage, logeaient la gendarmerie et la sous-préfecture. Les deux pièces, situées à l'est, avaient divisées en petits appartements, ainsi que celles à l'ouest au XVIIIe siècle. On y trouve le salon avec ses boiseries et ses tapisseries d'Aubusson qui remplacent celles de la Dame à la Licorne.

A ce même étage, on peut visiter la chambre que George Sand a habitée. C'est une petite pièce éclairée par une porte-fenêtre dominant sur un balcon Louis XV.

Tout le second étage a été transformé pour loger la gendarmerie.

 

 

 

Les combles, avec la même disposition des pièces que les autres étages, apparaissent intacts.

Les tours de l'est et du nord ont perdu leurs toits sous la Révolution qui ont été remplacé par des appentis. Les grandes cheminées à hottes existent toujours et on peut voir par endroits le carrelage en briques rouges.

Dans la grande salle centrale et les deux premières salles de l'ouest, on peut voir ici un beau type de charpente en carène, ou plus exactement, de comble français à chevrons portant fermes du XVe siècle. Pas de sablières, les solives du parquet font fonction d'entraits et reposent par leurs extrémités sur les murs gouttereaux (mur portant une gouttière ou un chéneau terminant le versant de toiture et recevant les eaux par opposition au mur pignon).

 

« Une panne faitière et un sous-faitage, réunis de façon rigide par des poinçons droits alternant avec des croix de Saint-André assemblées à mi-bois, supportent les chevrons et l'entrait retroussé qui complètent chaque fermette. Enfin, chaque chevron est étayé par une jambette courbe et lié au sous-faitage par un aisselier également recourbé. (Un aisselier, en charpenterie, désigne une pièce de bois placée suivant un angle d'environ 45° sous l’entrait retroussé d’une ferme de charpente et joignant l’arbalétrier situé sous celle-ci afin de soulager l'assemblage à la jonction des deux pièces.)

Ces pièces courbes supportaient des lambris qui ont disparu. De distance en distance, des moulures, trois tores (grosses moulures pleines de profil curviligne) séparés par des gorges, indiquent la limite des panneaux de ces lambris. » (G. Janicaud)

La charpente de la grande salle de l'est et d'une des pièces de l'ouest est du même type mais plus récente (XVIe siècle) et à jambettes et aisseliers droits.

 

La tour ronde située à l'extrémité orientale du château. Seuls quelques mâchicoulis restent encore. Le toit a été détruit et remplacé par un appentis.

 

La muraille (voir la Topographie de Mérian) qui formait le contrefort de gauche du donjon a laissé des traces apparentes contre les murs (voir la partie gauche de la photo), murs qui portent encore les marques d'anciennes cheminées à la place desquelles on a percé des fenêtres.

 

 

La tour dite des Gendarmes

 

Sous la Révolution, cette tour perd ses mâchicoulis. Elle n’avait ni baie, ni poterne.

 

L'ancien pont

 

  Parallèle au pont actuel qui permet de franchir la Petite Creuse, existe encore le vieux pont construit probablement au XIVe ou au XVe siècle. Une seule arche, en arc brisé de 11,60 m d'ouverture, s'élève à 8 m au dessus de la rivière.

 

 

 

 

Protection du site

 

« Le site de Boussac a été protégé en 2 temps :

- par arrêté ministériel du 19 novembre 1938, un  premier  périmètre  englobe  la  façade  sud  du  château  déjà  protégé  monument  historique,  le ravin, le confluent des vallées de la Petite Creuse et du Béroux.

- par arrêté du 15 octobre 1975 le périmètre de  protection a été agrandi : la  protection a été étendue  pour  sauvegarder le site  vu  des  fenêtres et des terrasses du château tel que l'a dépeint George Sand, et préserver également la perspective offerte  par  la  Petite Creuse et le château au visiteur arrivant à Boussac par le CD 11. » 

http://www.limousin.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Fiche_site_chateau_boussac_boussac_23_cle243af1.pdf

 

http://www.limousin.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf /219_cle0c1a2c.pdf

 

Bibliographie :

 

Les chroniques du temps (Enguerrand de Monstrelet notamment), et Jules Quicherat, Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, Paris, Renouard, 1841-1849.

Gaspard Thaumas de la Thaumassière, Histoire du Berry, Bourges, 1689 (rééd. Laffite, 1976).

Henri Aucapitaine, Notes historiques sur la ville, le château de Boussac et la famille de Brosse, Paris, Dumoulin, 1853.

Émile Chénon, Histoire de Sainte-Sévère en Berry, Paris, Larose, 1888.

Henri de Lavilatte, Esquisses de Boussac, Paris, Emile Paul, 1907.

Eugène Hubert, Cartulaire des seigneurs de Châteauroux (919-1789), Châteauroux, Badel, 1931.

Marc Michon, "Jean de Brosse, maréchal de Boussac", Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse (série d'articles : tome XXXI, 1950-51, tome XXXII, 1954-1956).

Robert Guinot, Jean de Brosse : Maréchal de France et compagnon de Jeanne d'Arc : 1375-1433, Paris, Guénégaud, 2000.

20 pages d’anciennes cartes postales sur Boussac et la château

https://www.delcampe.fr/fr/collections/search?term=&categories%5B0%5D=7490