Postface

 

Les musées… nous rappellent d'où vient ce qu'on croit voir. Et ne cessent de nous inviter à regarder d'un œil toujours neuf.
Julia Kristeva

 

La définition du tableau selon Jacques Lacan :
" La fonction où il appartient au sujet de se repérer comme tel " ou encore " la fonction où il faut audit sujet trouver à s'insérer, à s'inscrire. "
Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Seuil, 1973, p. 93 sq.


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Notre fascination pour La Dame naît dans la multiplicité des angles d'appréhension qu'elle présente.

C'est une œuvre :

· anté-médiévale et/ou hors Occident : Licorne, île cosmique, Athéna…
· médiévale : Mary-Vierge en présentation centrale, le fond vertical où placer les personnages et les éléments selon la place immuable que leur aurait assignée Dieu…
· renaissante : univers déchiffré, compté, inventorié comme en un herbier ; art et pensée laïcisés ; scènes peintes où est offerte la possibilité de gauchir son destin et de choisir sa destinée (Mary, " ni pute ni soumise "), où peut se lire l'identité de personnages réels…
· moderne : intrusion de l'inconscient du peintre, spéculation intellectuelle dans l'aptitude à prendre conscience de certains phénomènes psychologiques ou physiques, découverte de l'invisible. Le thème des Cinq Sens se prêtait bien à cette exploration du monde externe et interne, bien que le peintre, même s'il fût alchimiste, ne pouvait pas aller plus loin dans son intuition.


La Dame, non plus la représentation d'un rite religieux, mais une suite de situations historiques. Une tension permanente entre l'anecdote et l'Histoire, entre les systèmes des représentations du Moyen
Âge et de la Renaissance. Apparition d'une femme réelle, Mary, dont le peintre conte des épisodes de sa vie.
Avec La Dame, nous sommes dans l'iconographie historique. Les faits narrés sont révélés, les personnages authentiques dans des attitudes habituelles pour une Duchesse-Reine. Seules les coiffures et les robes ont pu désorienter celles et ceux qui se refusaient à réellement voir.
La Dame est la monstration du temps du monde et des humains dans lequel se vivent la politique, les conquêtes, la conservation et la transmission du pouvoir, toutes " affaires d'Etat " plongées dans les conflits du Désir de chacune et de chacun des protagonistes.
Point de mysticisme, de métaphysique, d'emphase religieuse. Une histoire de l'Histoire. Un " couple " qui se désunit. Un amour qui s'achève et un cri dans la solitude. Un désir de fils et d'immortalité…

Pourquoi Antoine Le Viste (et/ou le peintre) a-t-il offert à ses regards quotidiens ce qui lui a causé grande peine ? "Faire de la catastrophe un objet de jouissance, voilà qui témoigne de la souveraineté du principe de plaisir, qui est capable d'une singulière revanche sur la douleur, la déception ou l'insatisfaction des désirs, et le but atteint est un résultat non négligeable. Mais il s'agit en outre de permettre par tous les moyens la réalisation projetée sur la scène des fantasmes de grandeur." Mary, héroïne tragique, dont la présence "est la projection idéalisée du " moi " d'Antoine (ou du peintre) qui trouve "ainsi la satisfaction de ses visées mégalomaniaques."
La Dame est "le lieu d'une rencontre entre le pouvoir de l'aède (ici, le peintre) qui donne vie au fantasme, et le désir du spectateur (Antoine, nous) qui voit son fantasme incarné et représenté." Identification avec une reine au centre d'une Cour peuplée de souverains et de nobles. "L'issue tragique (la perte de la couronne royale) est un compromis entre cette réalisation des désirs et le tribut qu'elle demande en contrepartie." (Toutes les citations en italique sont d'André Green)

L'extraordinaire luxuriance décorative des tapisseries, la richesse des vêtements, la délicatesse des visages, des mains et des gestes dénotent un art de Cour empreint de lyrisme courtois, d'idéal chevaleresque, de noblesse qu'ont révélé les ateliers français des frères Limbourg dans Les Très Riches Heures du duc de Berry, de Fouquet dont La Dame reprend les couleurs principales d'Agnès en Vierge, des peintres du roi René, des sculpteurs de tant de Vierges au regard doux d'un visage incliné et au corps souples et minces ; et les œuvres italiennes, de Botticelli et de Gozzoli par exemple. Mais trop dangereuse, La Dame ne tenait pas à pavaner au grand jour !


Représentation convaincante par la minutie et la véracité de l'ensemble et de chaque détail. Et pourtant quelque chose d'irréel crée le suspense, intrigue, fascine. Dysfonctionnement !
Richesse et inventivité des scènes ; mystère latent, deviné, palpable en chaque détail ; cohérence profonde de l'ensemble et humanité de son message.
Décidément non, La Dame n'est pas un cadeau de mariage !


Les îles attendent, accrochées dans un espace garance et fleuri, séparant le spectateur de la scène représentée. Pas de profondeur sinon celle subie par les autres couleurs sur le fond rouge qui les " avance ", d'ombres portées, de modelé fin : étagement médiéval, plis gothiques des tissus. Des proportions encore psychologiques entre les personnages. Du symbolisme moyenâgeux. De l'art gothique encore. Flamboyant. L'avant-garde est italienne.
Mais une représentation naturaliste et un illusionnisme plastique révèlent une connaissance fine du monde physique renaissant.
De la confrontation de ces deux mondes artistiques naît le mystère de La Dame.
Art de la détente, né dans une France enfin en paix intérieure. Portrait de la femme idéalisée, gestes apaisés, sérénité un peu grave, sans tension dramatique.

Notre peintre, dans la plénitude de son art, rassemble la somme de ses expériences picturales dans La Dame, œuvre où se retrouvent la plus grande part des symboliques médiévales gauchies par une volonté profane. La Dame est la rencontre magnifiquement et énigmatiquement sublimée :
- d'un peintre (Jean Perréal ?) en proie à des fantasmes fondamentaux inconscients bien naturels et " débordé " par sa création
- d'un commanditaire, Antoine Le Viste, obnubilé par des problèmes de filiation non encore résolus par l'absence d'un fils
- d'une " intrigue " appartenant à l'Histoire (entre Mary, éphémère reine de France et peut-être l'amour, en tout cas l'intérêt, qui lui a porté Antoine Le Viste et/ou le peintre)
- d'une légende (celle de la licorne, greffée sur les mythes et les fables religieuses)
A partir de fils de laine et de soie entrecroisés, d'un animal irréel, d'un assemblage hétéroclite d'animaux, d'arbres et de fleurs, de scènes banales et équivoques, par le charme de l'illusion picturale, est né
le mythe de la Dame à la Licorne qui a engendré nombre d'exégèses auxquelles ce livre appartient désormais.

Dans La Dame, sachons entrevoir des appétits voraces, intensément violents, dissimulés sous un hymne à la majesté de Mary, à sa gloire, à sa beauté.
Si, comme je le pense, La Dame est un (double ?) aveu d'amour (passionnel pour l'un, " paternel " pour l'autre), discernons dans la présentation répétitive des " malheurs " de Mary (et donc du ou de ses aimants ") une savouration sado-masochiste de la souffrance ou de son écho atténué, montrant une fois de plus avec La Dame qu'Eros est contaminé par Thanatos :

- masochisme à dessiner et à conserver sous ses yeux, quotidiennement, ce qui vous a un instant élevé au zénith de votre vie et que l'on a irrémédiablement perdu
- sadisme, né d'une violence mâle, à exposer en sept tapisseries, l'échec d'une femme et des comportements condamnables que sa civilité aurait dû, aux yeux de certains, lui interdire.

Peut-on alors en déduire que, re-incarnée dans une apparence de " statue de laine et de soie ", Mary endosse, sur le versant sensuel de l'amour un double rôle moralisateur :
- désignation aux protagonistes (avant tout le peintre et le commanditaire) de leur propre ambition, de la force de leur désir qui les tient debout, encore et toujours
- affirmation aux mêmes à la masculinité martiale de l'existence du désir de l'Autre, serait-elle une femme.

Peut-être s'agit-il aussi, ou exclusivement, sur le versant affectueux, de la mise en évidence artistique d'une dévotion à Mary pour ses hautes qualités morales et humaines et d'une méditation sur l'amour et la place des deux sexes dans l'univers amoureux.

Je relève aussi tout un réseau de thèmes aux déclinaisons " négatives " :

- l'envie liée au/x désir/s individuel/s de chacune et de chacun (personnages historiques tissés, artiste, commanditaire). La rapacité du désir est brillamment évoquée dans le " combat d'amour " que se livrent dans la garance les couples héronne-faucon et lapins-chiens/renards ; ou encore dans " l'oralité prédatrice " des lions du Goût, de L'Odorat, du Toucher (La Tente), comme prêts à mordre et à griffer.

- la rivalité inter-systémique (dynastique, nationale, territoriale, sociale, sexuelle…)

- le vol, la dissimulation : les femmes, perdant toute civilité, se révèlent-elles, à travers l'exemple de Mary, démoniaques et/ou sauvages, c'est à dire la proie de leur forces instinctuelles ? D'où le vol des bijoux du Goût, la grossesse mensongère de L'Ouïe, la présence nombreuse de la faune majoritairement lubrique

- la stérilité, l'échec, la chute finale qui hâtent le départ.

 

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Nicolas Buffe, Peau de Licorne, 2010, Cité internationale de la tapisserie, Aubusson.

Tapisserie en laine et soie ; tête, sabots et queue en porcelaine de Limoges ; 350 × 235 × 60 cm.

https://geoculture.fr/la-dame-a-la-licorne-515

https://geoculture.fr/peau-de-licorne

 

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Un premier paradoxe m'est apparu après la lecture du très beau texte de Julia Kristeva, Des madones aux nus : une représentation de la beauté féminine (in La Haine et le pardon, Fayard, 2005) dont sont extraits les passages suivants en italique. Acceptons de penser que La Dame énonce en définitive les déconvenues d'un homme (Antoine Le Viste et son amour " incongru ", sa filiation paternelle " inquiète "…) par la présentation flamboyante d'une femme (Mary Tudor) ainsi " offerte en sacrifice " par le duo commanditaire-peintre.

http://www.kristeva.fr/ et http://fr.wikipedia.org/wiki/Julia_Kristeva

Julia Kristeva présente ainsi ce " leurre " pictural : " L'érotisme phallique connote comme "belles" les manifestations de faiblesse ou de défaillance que Freud a désignées d'un terme à faire peur : la castration. Pudeur, grâce, ruse, faiblesse, fatigue, tristesse viennent la panser, l'avouer, la camoufler ; pour vivre, survivre. Nuances de l'amour : c'est aux femmes de porter ces manquements du pouvoir et de la maîtrise de soi ; c'est sur le visage et le corps des femmes qu' "on" s'autorise à les voir et à les montrer : les femmes avouent ainsi la castration, tout en la consolant, l'élaborant, la sublimant " car " le sublime rebâtit une image par-delà la faillite identitaire, crise passionnelle ou effondrement mélancolique qui se produisent en particulier dans l'expérience amoureuse. "
Ne pouvant exposer le " féminin " de l'homme-Antoine Le Viste, le peintre s'est ingénié à peindre ses " défaillances " (grâce et pudeur de l'ensemble de la tenture ; extase et joie du Goût et du Pavie-Toucher, des deux Trônes disparus ; tristesse et souffrance de L'Ouïe, de La Vue, de L'Odorat et Le Toucher (La Tente) comme étant les attributs de Mary. Sous la représentation féminine de l'amour et de la liberté.

 

 

" Cette beauté féminine de l'espace amoureux, (dont parle Julia Kristeva pour les Madones) de la séduction à la souffrance, n'était-elle autre, dès le début, qu'une projection du féminin de l'homme ? Un transfert des fantasmes masculins sur des corps féminins, simples supports, objets passifs du désir mâle, objets d'échange du désir mâle, destinés seulement à soutenir ce désir tel qu'il se concentre dans le regard toujours quelque peu sadique du voyeur ? " Ces deux (fausses) questions qui valent pour l'homme-Antoine Le Viste valent aussi pour l'homme-peintre car " comment ne pas voir … que le geste du peintre … est … une véritable étreinte de la femme par cette autre femme que devient le peintre dans son identification amoureuse avec son modèle ? " Chacune et chacun d'entre nous le ressent, cet amour vibre, non plus dans " une sorte de frugalité du visible " des Vierges médiévales, mais dans la multiplicité des détails et la luxuriance des couleurs, la magnificence des étoffes et les irisations des bijoux.
Une lecture traditionnelle de La Dame soutiendrait, qu'à l'instar de la Vierge Marie, Mary " assume sa part de sacrifice sous l'aspect de la pureté " en dissolvant son désir dans le renoncement aux plaisirs des sens. Ce que notre thèse refuse catégoriquement.

L'on pourrait écrire aussi, second paradoxe, que La Dame ne tient aucun discours sur les Cinq Sens. De même que La Joconde ne parle aucunement de Mona Lisa ni de sourire. Mais, toutes deux, d'un amour particulier d'Antoine Le Viste (et/ou de notre peintre) et de Léonard de Vinci (cf. Suzanne Giroux et sa 'trouvaille' exposée dans VSD, n°840 du 7 au 13 Octobre 1993).

La Dame à la Licorne... La Joconde... Pourquoi, au Louvre, tant de visiteurs fascinés ? Mais qui déambulent si vite ! Le sourire pour La Joconde ? Oui, précisément, le sourire. Par tout le soin qu'il a mis à le peindre, ce sourire, Léonard l'a chargé du mystère qu'il y celait. Duchamp avait raison. LHOOQ. Son sourire est le " fondement " même de la sexualité de Vinci.

 

Le sourire de la Joconde est bel et bien un dos d’homme. (Réalisé par Jade)

 

La Joconde (huile sur bois de peuplier, 77 x 53 cm) est commencée probablement en 1503 et achevée à une date très imprécise. 1506, 1510 ? Carlo Pedretti, Martin Kemps, Carlo Vecce et Pietro Marani pensent que le tableau n'est achevé qu'en 1513-1514, voire 1516. Léonard n'y aurait-il pas travaillé encore et encore en France, au Clos Lucé ? De nombreuses couches, fines, de peinture prouvent un long processus de travail. Onanisme ? Les deux mains reposant l'une sur l'autre sont-elles bien ici le signe d'une conduite pudique exigée d'une femme ? Il y a bien du mystère là-dessous ! Le sourire dressé à la verticale est-il la clé de la crypte secrète ? Peut-être l'a-t-il conservé jusqu'à sa mort.

 

La mélancolie gracieuse pour La Dame ? Chez le peintre, " la part masculine " ne rejette pas " la part féminine ". La Dame est cette interface entre son monde intérieur et le monde extérieur, l'Histoire. Sa part de " féminité primaire, fondamentale ", source de la créativité, lui a permis de construire le cadre pictural (les Cinq Sens, un univers " féminin " occupé par deux jeunes femmes), " la matrice symbolique " selon la belle expression d'André Green, espace où ses fantasmes déploient leur activité créatrice, où sa " part masculine " se révèle dans un amour positif, authentique, pour la femme, et non sur le mode du dénigrement ou de la persécution.


La Dame est un message d'espoir :

- elle rejette la représentation négative, sarcastique, de la femme (Mary agit de sa propre volonté dans la moitié des tapisseries : Le Goût et les deux Trônes disparus, même si sont montrés son chagrin ou son angoisse dans les autres tapisseries, de façon apaisée car le temps a passé permettant le recul, la réflexion). Il s'agit pour le peintre et son commanditaire de raconter une histoire, non de condamner une femme.
- elle se clôt sur l'affirmation éclatante, résolue, de l'existence d'un désir, reconnu et bien défini, dont la réalisation sera encore et toujours le moteur de la vie du commanditaire.

 

Le thème, l'éternel thème, c'est bien le désir. D'Antoine et/ou du peintre. La perte de deux tapisseries est sans aucun doute à la base de l'erreur commise par l'ensemble de la critique.
Le désir d'un homme pour une femme (mais l'inverse est vrai, naturellement) dans le microcosme de la Cour que singe la faune éparpillée et dans le macrocosme du monde que la garance mime. Et plus largement, la place nouvelle d'un nouveau corps dans la nature. Au degré ultime, le désir d'un être humain, femme et homme, dans l'espace et le temps infinis.
Le désir fondamental d'un homme, semblable dans son désir à tous les autres hommes, le mien aussi donc, d'avoir un fils qui le prolonge et l'immortalise.

 

 

Jacky LORETTE

jacky.lorette@laposte.net

 

Merci aux responsables des sites suivants d'être attentifs à mes recherches et de m'accueillir dans leur site :

http://www.siefar.org/

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dame_%C3%A0_la_licorne

https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Le_Viste

http://marcheursdeboussac.waibe.fr/index.php?id=accueil&target_module
=article&PHPSESSID=c514f6baad567c6012d8855802e17663

 

Site réalisé à Saint-Pierre-des-Corps (Indre et Loire)

que Jean FOUQUET représente
dans cette Prise de Jéricho

(Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques,
enluminure, vers 1470-1475,
BnF, département des Manuscrits,
Fr.247, fol. 89, Livre V)


(voir : le quartier nommé encore actuellement Jéricho,
la Loire,
l'abbaye de Marmoutier sur l'autre rive)

Blasonnement : De gueules au brasier d'or à dextre, au marteau versé de sable posé en barre contre une enclume d'argent à senestre, le tout surmonté des lettres S, P et C capitales du même entrelacées en pal, au mantel d'azur, aux deux clefs d'or posées en chevron brochant sur le mantelé, leurs pannetons en pointe et liées par un anneau du même, au chef cousu de gueules chargé de quatre pals cousus de sinople et d'une étoile d'argent brochant en cœur.

Composition du site en collaboration avec Jacky Jourdren, webmaster

http://photos.linternaute.com/auteur/1442282/7480584980/

 

 

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